Le club culturel du lycée collégial Omar Ben Jaloune ( Bir kouat, Essaouira) vient d’organiser le vendredi 16 décembre une soirée cinématographique à laquelle on a convié un large public d’élèves. La soirée avait pour dessein de familiariser les élèves avec le septième art en leur présentant une production cinématographique jonchée de moult significations éducatives, en l’occurrence, le film iranien intitulé Les enfants du ciel de son réalisateur Majid MAJIDI.
La soirée cinématographique s’est
ouverte sur une intervention donnée par le coordonnateur du club culturel de l’établissement où il était question de parler de la dynamique et l’historique du cinéma iranien. Laquelle
intervention a cédé la place au visionnage du film qui a été richement commenté et analysé comme en témoignent les interventions des élèves récoltées lors de l’étape du débat qui a dépassé une
heure.
La soirée, qui a connu la présence effective de Mr le directeur ainsi que celle des enseignants, était certainement une occasion fort opportune pour avoir une idée sur le cinéma iranien ainsi que s’imprégner des valeurs éducatives et humaines que recèle cette œuvre d’art iranienne.
Dans la finalité de donner à son projet historique un caractère national voire exhaustif, le chercheur KREDYA Brahim vient d’achever un ouvrage sur les Regraga, l’ouvrage qui s’ajoute aux multiples travaux du chercheur, met la lumière sur les Regraga et leur célèbre tour (Daour) qui s’organise de façon annuelle et qui se prête comme une pratique patrimoniale très ancienne.
C’est pour ce faire que ce chercheur, qui chérit
l’histoire de son pays, a divisé l’ouvrage en 9 axes précédés d’une introduction où il met en exergue les motifs qu’ils l’ont poussé à travailler sur le tour
des Regraga. Le chercheur vise également à présenter un travail historique dédié aux habitants d’Essaouira et au lectorat marocain.
Pour faire preuve d’un esprit méthodique, KREDYA débute son travail par des éclaircissements sur l’origine de l’appellation Regraga, et ce dans le but de cerner la portée sémantique et historique du mot en se basant sur des références dictionnairiques et historiques.
Le chercheur consacre le deuxième et le troisième axes pour présenter des informations relatives à la tribu des Regraga et leur passé religieux. En fait, KREDYA précise que les ancêtres des Regraga étaient des monothéistes, en outre, ils étaient les premiers à se convertir à l’Islam vu que des chercheurs avancent que les Regraga ont visité la Mecque et rencontré le prophète.
A travers le quatrième axe, le chercheur safiot évoque la
signification et l’origine du fameux tour des Regraga, pour parler dans les axes qui suivent du commencement du célèbre tour ainsi que les pratiques qui se font pendant
ce tour telles que Laâroussa qui fait sa sortie lors du premier jour de cet événement et l’enlèvement de la tente qui se fait à la confrérie Ben Hmida. Par
ailleurs, le chercheur détermine que le tour s’étale sur plus d’un mois et passe par quarante quatre étapes.
Pour clore son ouvrage, le chercheur expose les différents fonctions et
rôles du fameux tour des Regraga que suivent avec un intérêt remarquable les habitants de la région, ainsi que l’ensemble des visiteurs à partir des dix derniers jours du mois de mars de chaque
année.
Le travail que propose KREDYA est d’une importance considérable puisqu’il redonne une valeur au tour des Regraga qui reste à travers les périodes et les siècles un événement religieux, historique et touristique enraciné dans l’identité des Regraga et dans la mémoire collective des marocains. Par conséquent, l’ouvrage “Lumière sur les Chorfas des Regraga et leur célèbre tour ”restera un document apte à susciter l’intérêt des chercheurs pour mener des recherches dans différentes disciplines scientifiques.
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Photos prises par moi-même lors
du tour de 2011.
Dans le cadre de l’intérêt que nous accordons à la région d’Ayir, nous mettons en exergue dans cet article la thématique du travail associatif ; c’est pour cela que nous diviserons ce travail en deux axes, le premier tracera un succinct aperçu sur le travail associatif au Maroc en mettant l’accent sur l’apport de l’I.N.D.H. Et pour clore cet article, nous parlerons du travail associatif exercé à Ayir en tentant de présenter quelques propositions qui peuvent être utiles pour un envol associatif.
I : La scène associative marocaine.
1 : La Dynamique de la société civile
Il est communément admis que la société civile au Maroc a connu ces deux dernières décades une vraie mutation qui s’est manifestée amplement dans l’efficacité de la scène associative marocaine : Résultat fructueux d’une conscience qui se développe au fur et à mesure des changements que connait le royaume sur tous les plans. Le travail associatif se fixe comme objectifs d’aller de pair avec les grands paris de la politique générale du royaume.
Force est de souligner que la luxuriance des associations au Maroc n’est autre qu’un indice fulgurant mettant en évidence cette volonté de la société civile de s’améliorer et de produire des effets extrêmement désirables sur la vie des marocains.
2 : L’apport de l’.I.N.D.H ; initiative d’un roi.
L’avènement de l’initiative nationale pour le développement humain est certainement vu comme un événement majeur qui a influé positivement sur la scène associative marocaine. Ce qui a fait naitre toute une dynamique s’inscrivant dans une approche globale qui mise sur la création d’une vivacité dans les différents secteurs de la vie au Maroc. En effet, après son lancement le 18 mai 2005 par le roi Mohamed VI, l’I.N.D.H se basait sur une vision globale et intégrée du développement social et humain. Par ailleurs, l’initiative royale mettait, entre autres, l’accent sur les points suivants :
- Asseoir le développement du pays sur des bases solides
- La lutte contre la pauvreté en milieu rural.
- La lutte contre l’exclusion sociale en milieu urbain.
Consciente de ces enjeux et autres, l’I.N.D.H a financé des projets conçus et élaborés par diverses associations. En fait, les projets associatifs financés étaient de grand bénéfice et sur la rentabilité du travail associatif marocain et sur l’atteinte des objectifs préalablement tracés par l’ I.N.D.H . L’apport de l’initiative nationale du développement humaine est manifeste dans le sens où elle constitue un parrain pour les associations qui œuvrent dans des domaines vifs pour leur faciliter la tâche dans la finalité de mener un travail associatif fructueux.
II : Le travail associatif à Ayir.
1 : Présentation de la région d’ayir :
Parler de la région d’Ayir, c’est parler d’une localité sise au nord de la ville de Safi, elle est délimitée par les communes de Baddouza du nord, et de Loualidia du sud. Ayir s’étend sur une superficie de 321 km2, quant aux habitants de la région, ils font dans l’ensemble 24,176 habitants et la plupart des travaux exercés à d’Ayir sont l’agriculture et l’élevage du bétail.
Sur le plan historique la région d’Ayir est connue par sa forteresse qui se situe au cœur du centre Lkasba et donne sur la station balnéaire Sidi Karam Daïf. L’ouvrage Safi et ses régions" de son auteur ALABDI Alkanouni précise que la forteresse était existante pendant le IIX siècle de l’Hégire, mais le temps de son édification reste imprécis. La présence portugaise à Safi a pu toucher également la région d’Ayir mais l’arrivée des Saadiens au pouvoir a pu libérer la forteresse d’Ayir de la domination portugaise. En effet, c’est en vertu de l’intervention du Chérif Abou Abdellah Mohammed Saadi Saadi en 1517 de l’ère chrétienne que la forteresse ainsi que la région d’Ayir ont eu leur émancipation.
Au niveau du potentiel touristique la région d’Ayir se caractérise par une superficie côtière importante à exploiter dans des projets à vocation touristique. Cette superficie compte 17 kilomètres s’étendant des frontières avec la commune de Loualidia jusqu’aux limites de la commune Baddouza.
2 : Le statut quo associatif à ayir :
Dans un article que nous avons publié sur le thème du développement local, nous avons souligné que la région d’Ayir n’a pas fait exception à ce dynamisme que connait le Maroc en matière de création des associations, mais nous avons, par ailleurs, mis en exergue la constatation que le travail associatif se place sous le signe du saisonnier. En effet, le nombre des associations dépasse déjà la vingtaine, néanmoins quelques associations se voient peu actives et les activités associatives restent tributaires d’un nombre étroit d’occasions qu’on peut compter sur les bouts des doigts.
Certes, des associations ont pu avoir des retombées positives sur des domaines sensibles comme la santé, le sport, l’enseignement préscolaire et le domaine des travaux industrielles en vertu de quelques activités associatives prometteuses, mais les associations qui font la scène associative à Ayir doivent quadrupler les efforts dans ces domaines, ainsi que d’autres plus importants comme le culturel qui reste paralysé et qui ne figurent que rarement dans les grandes lignes des dits programmes annuels.
3 : Pour un envol associatif à Ayir
3.1 : Le domaine pédagogique :
Ce domaine est conçu comme l’un des plus sensibles puisqu’il touche de très près un public important, il est temps de généraliser les initiatives de l’enseignement préscolaire sur tout le territoire ayirien en bénéficiant des projets qui existent déjà. Et ce dans la finalité d’assurer une sorte d’égalité pédagogique parmi les apprenants et faciliter la tâche aux enseignants en matière des perspectives pédagogiques et des résultats escomptés, car l’enseignement préscolaire présente inéluctablement une base importante sur laquelle reposera l’efficacité des programmes du cursus primaire, d’autant plus qu’une classe déjà initiée et ayant eu des cours préscolaires présente un tout harmonieux apte à creuser davantage son itinéraire pédagogique.
Dans le même ordre d’idées, les différents établissements de la région doivent être ouverts sur la société civile qui doit être un partenaire officiel, les associations peuvent ainsi être proches des différentes activités pédagogiques en offrant de l’aide logistique et financier là où les circonstances obligent. De même, des activités associatives à visée pédagogique et/ou sensibilisatrice peuvent être d’une grande utilité dans le sens où elles incarnent un terrain propice pour les différents apprenants pour un apprentissage parallèle qui passe à travers différentes formes d’expression et donne aux bénéficiaires l’occasion fort opportune pour s’exprimer et produire. L’associatif peut également soutenir les projets d’établissement surtout en matière du soutien scolaire et la lutte contre l’abandon scolaire. A cela s’ajoute que L’illettrisme se pose encore à Ayir, c’est pour cela qu’il faut penser à tisser sérieusement des programmes d’alphabétisation en exploitants des salles d’enseignement des différents établissements de la région. Ce qui reste impératif, donc, est la création d’une cellule pédagogique dans les différentes associations de la région pour ce faire.
3.2 : Le domaine sanitaire :
La situation sanitaire à Ayir n’est pas du tout satisfaisante, chose qui s’explique par la présence d’un seul et unique centre sanitaire et l’absence d’un service d’accouchement. Pour remédier à cette insuffisance des compagnes sanitaires peuvent être faites en partenariat avec d’autres associations marocaines qui œuvrent dans le domaine ou encore avec le ministère de santé.
Il faut également encourager l’initiative d’une ambulance équipée qui a déjà vu le jour à Ayir et qui a pu produire des conséquences importantes surtout pour les femmes enceintes vu que la distance par rapport à l’hôpital provincial de Safi se pose avec acuité.
3.3 : La gestion et la communication.
L’association se prête comme un tout complexe regroupant un certain nombre de membres, c’est pour cela que la prise de décision doit être une affaire collective, c’est-à-dire elle doit émaner du groupe tout entier, parce que l’individualisme au niveau de la gestion peut dégénérer en conflits associatifs et communicatifs.
D’un autre côté les associations ne doivent en aucune manière perdre de vue le lieu où elles exercent, chose qui nécessite l’instauration d’un lien solide d’échange et de communication avec le citoyen à travers des journées communicatives et ce pour faire comprendre l’utilité du travail associatif aux citoyen ainsi qu’encourager les jeunes à l’exercice associatif. Ce n’est pas du tout aberrant que nous parlons de la communication, car certains habitants confondent encore entre l’associatif et le communal.
3.4 : L’environnement :
Pour inculquer aux habitants la culture de respecter et protéger la richesse environnementale de la région, des activités peuvent être fortement conseillées telles que l’organisation des ateliers environnementaux qui visent à sensibiliser le large public de l’importance de l’environnement, ainsi que l’octroi et la distribution des équipements pour la collecte des ordures surtout au niveau des régions où le jet des déchets se révèle une réalité à laquelle il faut promptement pallier.
3.5 : Le culturel :
Force est de constater que le domaine culturel est le parent pauvre des programmes associatifs ce qui peut s’expliquer à notre sens par une non-prise de conscience de l’impact de ce genre d’activités sur les publics visés. Il faut préserver le patrimoine local et la mémoire collective des Ayiriens : en guise d’illustration la forteresse d’Ayir qui a besoin d’une urgente restauration et les différentes formes d’expression populaire.
Des soirées et concours littéraires, des journées culturelles et/ou cinématographiques, des conférences sur des thèmes d’actualité comme le développement local arrivent certainement à donner une vie aux activités à caractère culturel.
3.6 : Les activités sportives :
L’apparition d’une association spécialisée dans les activités sportives a pu quand même donner des résultats en vertu de l’organisation de quelques rencontres sportives à caractère footballistique, sauf que le domaine doit être objet d’une vivacité en redonnant plus de valeur au terrain sportif communal construit en partenariat avec l’.I.N.D.H.De même, il est possible d’organiser des activités dans les différents sports. En outre, l’ouverture et l’exploitation de la maison des jeunes peuvent favoriser davantage le domaine.
3.7 : Le social :
L’encadrement de la société civile dans les différentes occasions telles que les élections aura certainement une influence positive sur la vie des Ayiriens. En plus, il faut veiller à inculquer la culture des droits et inviter à la respecter, chose qui peut passer à travers des rencontres de conscientisation auxquelles on conviera un large public. Et pour faire preuve d’entraide et de solidarité sociale des initiatives peuvent être envisageables envers les démunis.
3.8 : Les personnes à besoin spécifique.
Nous avons beaucoup apprécié l’idée proposée lors d’une rencontre associative, il s’agissait de créer un centre pour les personnes à besoin spécifique à Ayir. C’est un projet certes colossal, mais l’implication des différents intervenants (associations, conseil communal, ministère du développement social, ministère de la santé ….) pourra donner grand-chose à ce niveau.
3.9 : L’artisanat :
Les femmes ayiriennes font ingénieusement des productions artisanales comme les tapis, des activités associatives peuvent donner un rayonnement à ces production en organisant des expositions patrimoniales ce qui peut redonner une vie au domaine de l’artisanat.
3.10 : Les activités lucratives.
Ce domaine n’est que rarement présent dans les programmes associatifs, mais cela n’empêche de dire que des activités génératrices de revenus peuvent être proposées dans le cadre des L’.I.N.D.H surtout en matière d’agriculture telles que les coopératives agricoles ou des projets d’élevage du bétail.
Dernier mot
Il est difficile de pouvoir mener un travail associatif qui pourra toucher tous les domaines desquels nous avons parlé étant donné que plusieurs facteurs s’imposent, mais il est temps de penser à donner du baume au coeur des activités associatives en touchants les domaines les plus importants dans la région d’Ayir qui a vraisemblablement besoin d’un tissu associatif qui puisse la dynamiser.
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N.B :
- Nous avons parfois utilisé le qualificatif “associatif” pour désigner le travail associatif.
- L’article est ouvert aux critiques et enrichissements des lecteurs.
La culture populaire est un constituant essentiel de la vie des groupes sociaux, elle est l’odeur de leurs façons d’être, de voir le monde et de penser. L’article que nous proposons présente des formes d’expression populaire, en l’occurrence les danses de la région de Tata ; il examinera dans un premier lieu la question théorique en évoquant le développement du folklore dans un cadre universel, l’article parlera dans un deuxième temps des danses folkloriques pratiquées à Fam El Hisn.
I : Le folklore, un génie du peuple.
1 : Le concept Folklore :
Ce n’est qu’en 1846 que le mot Folklore a vu le jour, en vertu de la publication d’un article par l’écrivain britannique William John Thoms dans une revue française d’anthropologie. Dans cet écrit, Thoms met en évidence le fait que les coutumes et tout ce qui se rapporte à la culture populaire doivent être étudiés isolément, et c’est pour cette finalité qu’il a créé le terme folklore pour la première fois. D’ores et déjà, l’étude du folklore s’est développée de manière indépendante en s’écartant d’autres champs qui l’englobaient tels que l’anthropologie et l’ethnologie.
Le mot anglais folklore qui s’explique comme suit :
- Folk : peuple.
- Lore : savoir
désigne l’ensemble des productions collectives produites par une population délimitée dans le temps et dans l’espace et susceptibles d’être transmises d’un groupe humain à un autre dans le but d’assurer à cet art du peuple une pérennité. Ces formes folkloriques peuvent être des contes, des récits, des musiques, des danses, des croyances, des chants populaires…
Après l’émergence de l’étude du folklore, l’intérêt accordé à ces formes d’expression collective était remarquable ; les initiatives des frères Jacob et Wilhelm Grimm Au xviiie siècle se prêtaient comme un grand tournant dans l’histoire de ce domaine compte tenu des recherches qu’ils ont menées pour rassembler les traditions orales des populations germaniques. Le travail des frères Grimm consistait à découvrir le génie du peuple à travers les multiples formes d’expression orale. Notons que les initiatives des deux frères étaient imitées dans d’autres pays de l’Europe.
Le mot Folklore était repris tel quel en France, en outre, des chercheurs dans ce domaine ont fait leur apparition pour tenter de trouver une approche scientifique pour l’étude du folklore en mettant l’accent sur le caractère collectif des productions folkloriques.
2 : Les traditions orales :
L’histoire universelle nous apprend que les traditions orales remontent à un âge lointain. En effet, les récits racontés par Homère dans les cours royales à l’époque grecque, l’Iliade et l’Odyssée attribués à ce conteur, figurent parmi les récits les plus connus ; les récits homériques étaient récités lors des fêtes grecques et enseignés aux enfants. En sus, Ils sont devenus une source d’imprégnation pour des philosophes, des écrivains et des cinéastes.
La France de la fin du XI siècle connait l’apparition des trouvères et des troubadours qui sont des poètes, des musiciens et danseurs. En fait, l’intérêt accordé à l’art par les nobles à l’époque donnait l’occasion à ces deux groupes pour divertir et amuser les habitants des régions de langue d’Oc au sud et celles de langue d’Oїl au nord en associant les danses aux poèmes et à la musique.
En Afrique noire, les griots ont pris l’initiative pour divertir et éduquer par la relation des contes, d’épopées ou de récits imaginaires véhiculant des valeurs morales. Choisis pour leur excellente mémoire, les griots d’Afrique apprenaient par cœur différents récits afin de les présenter devant un large auditoire tout en les accompagnant de la musique. Cet aspect de richesse au niveau des traditions orales de l’Afrique noire a suscité l’intérêt chez pas mal de chercheurs puisqu’ « en Afrique, quand un vieillard meurt, c’est toute une bibliothèque qui brûle.» comme l’affirme l’écrivain et historien malien Amadou Hampâté Bâ.
3 : Le folklore arabe : Jeha comme exemple :
La culture arabe est riche en matière des productions folkloriques, les aventures de Jeha en est un exemple très important dans le sens où elles décèlent moult significations culturelles. Jeha l’arabe n’est, tout d’abord, pas une figure fictive comme croient plusieurs, mais la personne de Jeha a réellement existé puisque l’ouvrage Joha Lârabi (Jeha l’arabe) de Mohamed RAJAB NAJAR précise que Jeha est né au cours du premier siècle de l’hégire et a passé la majorité de sa vie à Alkofa.
La personne de Jeha s’est distinguée par un style exceptionnel qu’est le conte amusant. D’ailleurs, des ouvrages l’introduisent sous l’appellation suivante : les raretés. Par ailleurs, ces contes loin d’avoir pour unique et seul but divertir, ils véhiculent une autre visée morale qui tend à créer chez le récepteur une intelligence comportementale devant une banque de situations relevant de la vie de tous les jours.
La personne de Jeha n’est plus un mythe ou encore une invention arabe, il s’agit cependant, d’un individu où se projette la personnalité arabe qui se comporte devant des situations à la fois diverses et inhabituelles en faisant mine d’un esprit d’humour et qui n’est pas dénué de tout sens de raisonnement. Par conséquent, Jeha/l’arabe n’est guère naïf ou idiot, il est par contre une personne qui privilégie le recours à des raisonnements amusants pour trouver des solutions à des faits vécus. Ainsi, les récits de Jeha que lisent nos petits enfants et parfois nos adultes se fixent deux finalité majeurs qui sont l’humour et la morale ; deux valeurs qui ne sont pas divergente ; l’une complète l’autre.
4 : Le Maroc et la question de diversité culturelle.
L’une des réalités incontournables qu’on peut constater dans le cas du Maroc est la diversité culturelle, au Maroc chaque région se distingue par ses propres traditions ce qui fait montre d’une pluralité culturelle. La place de Jamaâ Lafna qui est déclarée comme patrimoine oral mondial en 2000 est un lieu où se manifeste fortement cette richesse culturelle ; à Jamaâ Lafna les touristes marocains ou étrangers s’aperçoivent aisément de cette réalité en observant les différentes formes d’expression qui s’y pratiquent (contes, chants, danses…).
II : Présentation de la région de Fam El Hisn.
La région de Fam El Hisn (à 146 kilomètres de la ville de Tata ) se
situe au pied de la chaîne montagneuse l'Anti-Atlas, elle est délimitée par la montagne Bani, la plaine de l'oued Draa et par la montagne de Wargziz. La région
s'étend sur une superficie de 7900 km2 ; laquelle superficie est répartie sur un nombre de 21 douars dont le nombre de la population est de l'ordre de 7089 organisé sur la
rive de l'oued
Tamanart.
1 : Le relief
:
La région se compose essentiellement d'un archaïque monceau remontant à la période de la construction de l'Anti-Atlas. Du coup, on peut distinguer entre deux unités de relief que nous expliciterons ci-dessous:
- L'unité montagneuse : Elle couvre une surface considérable ce qui explique en grande partie que les montagnes est le type de relief le plus prépondérant dans la région, à cela s'ajoute que cette unité se caractérise par une altitude qui peut atteindre 1400 mètres.
- L'unité basse : Quant à elle, l'unité basse trouve ses grandes manifestations à la fois dans les collines et les issues qui se trouvent entre les montagnes.
2 : La genèse d'une appellation : Fam
El Hisn:
Il est évidemment reconnu que l'une des dimensions les plus importantes, quelle que soit la nature de l'étude effectuée, est le toponyme véhiculant en lui-même un sens et une richesse historique.
Jadis on appelait la région "Imi Wagadir" le nom que gardent les plus âgés dans leur langue de tous les jours.
- Imi : la bouche, (l'issue ).
- Agadir : la forteresse, (les remparts).
"Imi Wagadir" mot qui relève principalement de la langue amazigh explique en grande partie que les premiers habitants de la région étaient certainement des Amazighs, l'appellation se trouve traduite en arabe par l'expression " Fam El Hisn" pour avoir comme signification l'issue de la forteresse.
L'origine du toponyme "Imi Wagadir" se justifie par le fait que la région se présente sous la forme d'une forteresse entourée naturellement par des montagnes, en l'occurrence, Bani et Wargziz. Celles-ci, sont conçues comme étant des remparts assurant une sorte de protection à la région.
De même, il est fort possible que le mot "Imi Wagadir" tire son origine de l'hypothèse qui prétend que Fam El Hisn était pratiquement entourée par une grande muraille qui n'est plus existante à nos jours, et que ses manifestations se sont emmêlées vu un certain nombre de raison telles que les circonstances naturelles, climatiques et la dispersion des habitants.
3 : Les habitants de Fam El Hisn
:
Dans la finalité de tracer un petit aperçu historique à propos des premiers habitants de la région nous dirons que la région a connu une présence ancienne des habitants ce qui s'explique grossièrement par les vestiges archéologiques découverts dans la région et ses environs, les vestiges trouvés sont:
- Des gravures de quelques animaux tels que les éléphants et les
vaches.
- Quelques symboles géométriques qui se trouvent dans divers lieux et dont le sens est resté énigmatique jusqu'à présent.
Les groupes de cette époque ont connu une espèce de crispation au niveau relationnel. En effet, ils construisaient tantôt de bonnes relations, tantôt ils provoquaient des conflits qui duraient longtemps. Pour vivre, ces groupes faisaient appel à ce qu'on peut appeler un pacte consensuel qui résidait en la mise d'accord sur un nombre de conventions qui jalonnaient leur vie sociale, économique et politique.
Bien qu'il ne soit pas enraciné dans les pratiques des habitants de l'époque, l'Islam a pu toucher la région grâce à l'installation du prêcheur Abdallah Ben Yassin ELJAZOULI, qui a fait d'Akrad Tamanart son lieu de résidence pour faire sa vulgarisation religieuse au niveau des régions où s’installaient les caravanes commerciales traversant le Sahara.
Il est à souligner que la région a connu la présence d'une minorité Juive. Celle-ci, exerçait l'artisanat, néanmoins les relations conflictuelles qui commençaient à se sentir entre cette communauté et les habitants de la région ont obligé les juifs à partir.
4 : La scène culturelle à Fam El hisn.
La scène culturelle de Fam El Hisn se caractérise par sa diversité remarquable, le travail associatif y est déjà présent ce qui favorise davantage l'action de la société civile. Il est à souligner également que le festival culturel et artistique de la région qui se tient de façon annuelle vient pour favoriser l’art et les traditions musicales de la région
5 : Les danses folkloriques :
5.1 : La danse d’Ahwach.
Ahwach est le nom donné à une danse qu’on pratique dans les régions de Anti-Atlas, Haut-Atlas et Souss lors des festivités collectives telles que les mariages et
les différents festivals qui s’organisent dans ces régions.
La danse d’Ahwach peut être faite par les femmes, les hommes ou encore les deux à la fois, chacun assume une fonction bien précise. On s’organise sous forme de cercle, arc ou ligne horizontale pour pratiquer cette danse ; les instruments de musique utilisés sont des instruments à percussion et à vent (Ganga (sorte de tambour), flûte, tam-tam.)
Dans le cas où la danse d’Ahwach connait la présence des femmes, celles-ci se chargent de reproduire les paroles chantées par les hommes et émettre d’un temps à l’autre des youyous pour créer un climat d’ambiance et faire signe d’acquiescement envers la beauté des chants.
La danse d’Ahwach peur prendre la forme de ce qu’on appelle Indamn ; un chant dialogué qui ressemble à une joute orale. Les participants, y compris les femmes, forment deux parties l’une rivalise avec l’autre. Chaque partie à un improvisateur ; c’est-à-dire la personne censée émettre des paroles pour évoquer l’improvisateur de l’autre partie. Quant aux sujets évoqués dans cette rencontre, ils peuvent avoir un cachet local ; les improvisateurs parlent des sujets de leur vie quotidienne ainsi que des thématiques qui puisent dans l’actualité nationale et internationale. On utilise des instruments de musique à percussion comme Ganga et les tambourins et les femmes favorisent ce climat musical via leurs youyous.
Parfois les improvisateurs s’échangent des paroles très sévères qui peuvent dévaloriser ou encore froisser l’autre partie, mais cette situation conflictuelle fera son terme dès qu’on termine le spectacle ; c’est-à-dire que les conflits constatés lors d’Indamn ne se prolongent jamais et reste prisonniers du cercle de la présentation.
Quant aux thèmes évoqués dans la danse d’Ahwach, ils ont un caractère local, national et international. En effet, ces chats parlent :
- Des problèmes entre les tribus de la région.
- De la situation politique et les élections.
- De l’actualité nationale, par exemple : l’autonomie du Sahara marocain.
- De l’actualité mondiale : la guerre en Iraq, en Palestine en guise d’illustration.
Lors de la présence étrangère dans la région, cette danse était conçue comme un terrain propice pour conspirer contre les envahisseurs en se mettant d’accord sur les projets à entamer pour ce faire.
Quant à l’image de la femme dans ce type de danse, elle est introduite parfois dans les chants par des termes renvoyant à des animaux domestiques comme la gazelle ce qui revient à dire qu’on assiste à une incarnation en termes élogieux de la femme qui a une place très importante dans les communautés du sud marocain.
5.2 : Lgadra.
Lgadra est une danse populaire très ancienne pratiquée dans les régions sahariennes. L’appellation Lgadra tire son origine du fait que le seul instrument musical utilisé
dans cette danse est Lgadra qui est un instrument à percussion obtenu après avoir couvert un récipient en boue avec de la peau, qui doit être exposée aux rayons de soleil,
des animaux tels que les chèvres et les chameaux. Pour ce qui est du son musical, il est produit en vertu des tapes sur le dessus du récipient à l’aide de deux baguettes
minces.
Les participants à cette danse, qui sont généralement des jeunes ou des hommes, s’organisent sous forme de cercle pour produire des chants sur le rythme du son musical produit par les tapes sur l’objet Lgadra, les applaudissements et parfois le son des tam-tams. Les chants émis par les participants peuvent se présenter comme un dialogue qui dépend du genre de l’occasion.
Par ailleurs, le groupe qui effectue cette danse alterne entre deux positions ; celle d’être assis ou celle de se tenir debout sur les genoux en applaudissant et faisant des mouvements à gauche et à droite.
La femme n’est pas définitivement absente lors de la réalisation de cette danse. En fait, une fille qui porte entièrement le malhaf (sorte de vêtements sahariens) accède au centre du cercle et commence à chanter, danser à la manière des membres du groupe. Lors des cérémonies de mariage, la mariée rejoint le groupe en déguisant son visage, et c’est au mari d’entrer au centre du cercle pour dévoiler le visage de sa femme en lui suspendant sur la poitrine une arme, geste qui connote la protection - déclarée devant tous les assistants- qu’accordera le mari a sa femme au fil de leurs vie matrimoniale.
5.3 : Lharma.
Pratiquée par plusieurs régions sahariennes, Lharma renvoie au son rythmé des pieds. Le son musical qui accompagne les paroles n’est autre que le son produit par les coups donnés par les pieds sur le sol, ce qui revient à dire que cette danse se caractérise par l’absence de toute sorte d’instruments musicaux.
Une personne âgée est censée inaugurer les chants, le travail des autres participants consiste à reprendre les paroles de la personne en veillant à ce que le son qui résulte du contact des pieds avec le sol soit en parfait accord avec le rythme des chants, ce qui rend le spectacle émouvant et attire l’attention de l’auditoire. Cette danse est réservée aux hommes, toutefois, des sources avancent qu’elle est pratiquée par les femmes mais rarement.
Quant aux thèmes, les chants de Lharma peuvent :
- Evoquer des événements historiques d’une grande importance pour la population.
- Parler des bonnes vertus.
- Décrire une tribu ou une personne de façon valorisante ou dévalorisante.
Dernier mot
En guise de conclusion ; les danses folkloriques pratiquées à Fam El Hisn que nous avons présentées succinctement relèvent ostensiblement de l’art du peuple qui accompagnera viscéralement la vie et le développement des sociétés. A cela s’ajoute que l’Homme du Sahara a essayé de tuer symboliquement la nature des régions sahariennes en inventant maintes formes d’expressions populaires dans le dessein de s’exprimer, d’exprimer sa vision du monde et établir une relation équilibrée avec le milieu géographique, social et politique.
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N : B : Nous avons opté pour le qualificatif folklorique pour des raisons essentiellement épistémologiques en gardant l’esprit théorique de l’étude du folklore.
- Récapitulatif bibliographique :
- - Mohamed RAJAB NAJAR, Joha Lârabi (Jeha l’arabe), Série Alam Lmaârifa Octobre 1978.
- - Rachid HAHI, Alamazighya wa solta (l’amazighité et le pouvoir) Dafatir 2009.
- L’introduction de “Musique de Safi” de Allal Ragoug faite par Mostapha MOHSIN.
- - Mohamed RAMOUCH et Iddmou, Mounoghrafyat Fam El Hisn (monographie de Fam El Hisn), mémoire de licence 1992.
- -Hasin MOANIS, Alhadara (la civilisation), Série Alam Lmaârifa 1978.
- Encyclopédie Encarta 2007.
- - Nous avons fait des sorties culturelles avec l’association Timglit qui œuvre dans la préservation du patrimoine artistique à Fam El Hisn.
- - Nous avons également assisté à des rencontres où on présente la richesse artistique de la région (Festival culturel et artistique de la région, célébration d’Assagas Amaynou ( nouvel an amazigh), et d’autres occasions.
- -Nous avons fait des rencontres orales avec des natifs de la région.
Dimanche 3 Avril 2011
Je viens de publier dans la presse safiote un article qui rend compte des comportements non-civiques et qui enfreignent la logique des
droits de l’enfant. Il s’agit des actes de vengeance à l’égard des élèves de l’école primaire de Lakkarta entrepris après les déclarations de trois filles du même établissement devant Le
wali de la région Doukkala-Abda et le délégué du ministère de l’éducation nationale le 10 mars 2011.
L’article n’est pas passé inaperçu ; il a créé, en effet, toute une multitude de réactions qui ne sont que rarement décentes. Quelques réactions se sont avérées essentiellement abracadabrantesques comme l’est l’écho du directeur de l’établissement qui est allé plus loin dans son raisonnement au point de me traiter d’enseignant novice et par d’autres qualificatifs. L’écho du directeur, qui ne maitrise même pas les abc de la déontologie journalistique, est passé à côté de la fête. Il ne faisait, en sus, que tourner autour du pot.
D’autres répugnantes langues prétendent que j’écris pour des personnes et que les lettres de mes quelques articles sont écrites sous la houlette de ces personnes, ces langues de vipères ajoutent qu’on me prépare à l’avance mes articles.
Ce que j’ai à dire là-dessus, est que certains habitants de la région (heureusement c’est le cas pour des cultivés) n’ont pas pu se débarrasser des pensées caduques, du coup, la région baignera splendidement dans d’autres périodes ténébreuses.
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P.S :
Jeudi 24 mars 2011 :
La date du 15 mars a montré fortement une certaine insouciance à l’égard des revendications de la coordination des professeurs licenciés marocains. En effet, il a été décidé d’accorder aux licenciés une promotion exceptionnelle qui serait opérationnalisée à cette date, mais les responsables n’ont pas tenu leur engagement envers la coordination.
Le jeudi 24 mars le ministère de l’intérieur rejoint le clan des infidèles et intervient méchamment pour faire subir aux professeurs licenciés, qui organisaient une manifestation essentiellement pacifique à Rabat, des agressions d’une flagrante véhémence comme en témoignent les conséquences (de graves blessures et des fractures). Laquelle agression a lieu après quelques semaines de la création du Conseil National des Droits de l’Homme (C.N.D.H).
En un mot, on parle plus des années de plomb certes, mais seuls les jours à venir seront aptes à dévoiler le métal mystérieux qui remplacera le plomb. Le Maroc d’aujourd’hui doit nécessairement procéder à des mutations au niveau des comportements, des personnes et des mentalités caduques et non pas sur le plan des discours qui passent inéluctablement à côté de la réalité.
Le réseau associatif Tagadirt organise le 26 Mars à Fam El Hisn une conférence sous thème “ le statut de la province de Tata dans la nouvelle répartition territoriale”. L’activité, qui aura lieu à partir de 15 heures au sein du centre culturel, connaitra la participation des différentes sensibilités associatives, syndicales et politiques de la région ainsi que des enseignants.
Les habitants de Fam El Hisn célèbrent pendant un vendredi du mois de décembre de chaque année une tradition enracinée dans la mémoire collective des habitants. La tradition dont nous parlons relève de l’héritage patrimonial qu’ont laissé les ancêtres de la région.
Cette tradition se nomme le Moussem du Navet ; elle consiste en le fait que tous les habitants préparent des plats de couscous avec un unique et seul légume, en l’occurrence, le navet qui se prête comme le constituant principal du plat. Quant à la viande, les habitants égorgent un certain nombre de vaches la veille du jour de ces festivités.
Après la prière du vendredi les familles, apportent leurs plats différemment préparés pour les présenter à un lieu précisé au préalable. il est à dire dans ce sens que les plats dépassent parfois la centaine.
L’arrière plan de cette tradition trouve ses expressions dans le fait que les habitants visent à créer un climat de solidarité et de symbiose sociales vu que le système tribal est encore présent. Le plat du couscous que préparent les habitants est potentiellement révélateur de moult significations culturelles . En fait, le couscous – le plat culinaire le plus prisé par les marocains- est symbole d’union, de fraternité, d’entraide, de dialogue est bien d’autres portées sémantiques. Le choix du couscous n’est conséquemment guère un acte innocent.
Les habitants de Fam El Hisn viennent de faire un terme à la manifestation populaire qu’ils ont débutée le vendredi 25 février après avoir procédé à un débat avec le gouverneur de la province et d’autres responsables. Il a été décidé, conséquemment, de répondre aux revendications de la population dans un délai de 15 jours comme le précisent quelques habitants. .
Les habitants de Fam El Hisn organisent une manifestation populaire à partir du vendredi 25 février. En fait, la population de cette localité s’est rassemblée à quelques encablures de la municipalité pour faire un appel aux responsables pour agir favorablement à l’égard de leur dossier revendicatif, surtout que le débat avec le gouverneur de la province de Tata, qui a eu lieu au sein de La municipalité le 22 février, n’a pas abouti à des solutions satisfaisantes comme en témoignent les habitants.
Cette manifestation, qui pourrait
se prolonger sur d’autres jours, a pu avoir des retombées sur plusieurs secteurs ; Les activités commerciales ont enregistré une paralysie totale
puisque les commerçants de la région ont fermé leurs épiceries lors de la première journée de peur d’être attaqués par les manifestants chose qui n’a pas eu
lieu, ou encore pour exprimer leur assentiment envers les manifestants. Les moyens de transport étaient quasi-absents lors du commencement
de la manifestation ; quelques autocars ont fait demi-tour juste à l’entrée de la région.
Par ailleurs, les élèves ont quitté les
bancs de l’école, a titre d’illustration : Le lycée collégial Bani a inscrit un taux d’absence assez important. En outre, la quasi-absence des élèves a été
assurément constatée au lycée qualifiant Essalam, ce qui explique en grande
partie que les élèves participent à ces rassemblements publics.
Il y a lieu de dire que les revendications de la population sont conçues de la part de l’opinion publique comme étant justes et normales. Le dossier revendicatif compte 27 points portant sur plusieurs questions telles que le recrutement des diplômés chômeurs de la région, l’amélioration des services sanitaires, et bien d’autres revendications.
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N.B: La
deuxième photo : les forces de sécurité devant la municipalité de Fam El Hisn.
Les recherches archéologiques effectuées au niveau de la région de Tata ont pu montrer que la région se distingue par la
présence de plus de 150 sites où on peut trouver des gravures, les habitants ajoutent que ces sites dépassent le nombre déjà déterminé. Ces gravures qui décorent la chaîne montagneuse Bani
sont les vestiges d’une civilisation ancienne. Ces vestiges représentent des animaux (éléphants, vaches…) et des symboles dont le sens est resté énigmatiques jusqu’à
maintenant.
Ces gravures qui remontent à l’âge néolithique annoncent que la région connaissait une présence ancienne des habitants au même degré sinon davantage qu’à l’époque les conditions étaient fort propices pour favoriser la population.
Les responsables doivent dorénavant penser à conserver ce patrimoine et le protéger, l’idée de créer un musée peut contribuer à la conservation de ce patrimoine.
N.B:
Photo 1: Gravure rupestre à Fam El Hisn.
Photo 2: Montagnes relevant de la Chaîne Bani.
Les membres du département de la coordination nationale des professeurs licenciés à Fam El Hisn ( Tata) font les derniers préparatifs pour la participation au sit-in ouvert, qui aura lieu à partir de 8 février 2011 devant le ministère de l’éducation nationale à Rabat, pour inciter les responsables pédagogiques à répondre aux revendications légitimes de la coordination. Vive l’unité des licenciés.
Vendredi 28 janvier 2011 :
Aujourd’hui, j’ai suivi un cours de patriotisme en
pleine mosquée ; on pouvait comprendre aisément que le gouvernement vibre de peur comme un chaton devant une chienne enragée : Les réactions des autorités lorsqu’une
personne s’est brûlée récemment à Safi est potentiellement révélateur. Le comportement des responsables se trouve métamorphosé, le discours makhzenien s’est adouci en sus.
D’ailleurs la circonstance arabe (les émeutes populaires) l’oblige.
Lundi 31 janvier 2011
Les gens de mon petit bled m’ont raconté que l’administration est à
jour ces derniers jours.
Pour avoir des extraits d’acte de naissance, il m’a fallu se rendre à Al Baddouza où ma naissance est déclarée. C’était 9 heures du matin, je n’étais pas le seul à attendre devant les portes grandes ouvertes des bureaux de l’état civil ; il y avait, en fait, un paquet de gens. Nous étions à l’heure certes, mais les fonctionnaires ont raté le rendez-vous.
Il fallait attendre une heure pour les voir arriver. Une fois les chaises des bureaux sont occupées on a inauguré la journée par le fait de provoquer des conversations, ou répondre à des appels téléphoniques en se baladant sur la falaise d’Al Baddouza.

La coordination nationale des professeurs licenciés au Maroc, qui est créée en 2009 pour œuvrer à l’amélioration de la situation des licenciés, vient de lancer une grève ouverte à partir de 3 février 2011. Et ce à l’occasion de la déclaration d’un concours national pour la promotion de l’échelle 9 à l’échelle10 par les responsables dans le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique.

En effet, cette décision, qui a vu le jour après un long processus de militantisme ayant duré trois ans, se prête comme une réponse à l’indifférence totale avec laquelle se comporte le ministère à l’égard du dossier revendicatif (la promotion par la licence entre autres) de cette partie des acteurs pédagogique marocains. Ajoutons que cette grève connaitra parallèlement le boycott définitif du concours, l’organisation d’un sit-in ouvert devant le ministère de l’éducation nationale à partir de 8 février et des manifestations massives dans les différents centres de ce concours qui aurait lieu le 26 février 2011.
Reste à dire en fin de compte que le ministère doit réagir favorablement aux revendications légitimes des licenciés en procédant à la prolongation du décret de la promotion par diplômes qui a eu son terme le13 février 2008 ou encore à toute autre solution qui pourra régler ce dossier de façon radicale et définitive.
Par : RAJA Abdelkader. Adhérent à la coordination. Lycée collégial Bani, Fam El Hisn – Tata.
14, 15 et 16 décembre 2010 :
C’étaient trois jours sans eau potable à Bir Kouat ( la province d’Essaouira) ; on pouvait entendre aisément le silence parfait, quitte à le qualifier de religieux, des habitants du petit village qui se réduisaient au mutisme parfait comme si la coupure d’eau leur était monnaie courante; chose qu’ils ont manifestement affirmée. La fameuse coupure se trouve précédée alors de maintes coupures.
N’est-il pas temps de mettre les gouttes d’eau à jour ? Une question dont l’écho est disponible dans l’insouciance gaie de nos responsables.
Le chercher safiot en matière d’Histoire KREDYA Brahim vient de publier un travail historique portant sur la forteresse d’Ayir, et ce s’inscrivant dans le continuum de son projet historique ô combien intéressant à suivre.
KREDYA le chercheur :
Le chercheur est natif de la ville de Safi où il a fait ses études primaires et secondaires. En 1976
il a obtenu une licence en Histoire à la faculté des lettres et des sciences humaines à Rabat. Il est titulaire de surcroît d’un diplôme en éducation et psychologie à la
faculté des sciences de l’éducation de la même ville.
En 1983, il a créé la revue périodique “ Al Hadaf ” s’intéressant au processus enseignement/apprentissage de la matière d’Histoire et Géographie. Et pour mettre le fait local de la ville de poterie dans leur dimension culturelle et sociale sous les feux de la rampe, il a fondé la revue “ Assfou ” dix ans plus tard.
Kredya Brahim est connu d’une part par l’ensemble de recherches et études à la fois didactiques et historiques publiées sur les pages de plusieurs revues telles que : Assfou, Al Hadaf, la revue libyenne de La Culture Arabe. Et par la participation active à des manifestations culturelles aussi diverses que variées sur le niveau local et national d’autre part.
Le projet historique de KREDYA :
Le projet historique de KREDYA est conçu comme étant une continuité des travaux de l’historien safiot Mohamed Ben Ahmed Al Abdi Al Kanouni ; comme l’a déjà montré l’universitaire Mounir AL BASKRI lors d’une conférence qu’il a donnée le 12 avril 2007 au café littéraire de Safi. Al Baskri mettait l’accent également sur le caractère riche et intéressant des travaux historiques de KREDYA étant donné que ses travaux pullulent d’une année à l’autre. Lesquels travaux fixent comme gageure le fait de présenter au lectorat des productions creusant l’histoire de Safi et ses régions pour un rayonnement maximal du paysage culturel de la ville.
Pour le journaliste Idriss BOUILA, les écrits de KREDYA, qui a accumulé plus de vingt ans dans la recherche historique, sont manifestement appréciés de la part des universitaires, des journalistes, et des intellectuels safiots et nationaux puisque ses productions se caractérisent par un travail profond sur la documentation ainsi qu’une objectivité vis-à-vis des faits historiques présentés.
A notre sens, Le travail énorme du chercheur KREDYA Brahim se révèle d’une importance incontestable ce qui trouve ses grandes manifestations dans le fait qu’il passe en revue des faits historiques, des personnalités safiotes, des monuments historiques et bien d’autres sujets relatifs à la ville de Safi et ses régions. Sous cet angle, il est important, sinon impératif, d’encourager avec tous les moyens possibles cette plume fertile qui ne cesse de donner. Ajoutons, que les multiples écrits historiques de KREDYA doivent être à proximité des différents types de lecteurs moyennant différentes sortes (des expositions des écrits du chercheur, des conférences, des journées historiques….). Et ce pour sensibiliser le large public de l’importance de la composante historique et préserver la mémoire collective de Doukkala-Abda en particulier et du Maroc en général.
La forteresse d’Ayir :
Le travail historique qui s’intitule قصبة أيير” : La forteresse d’Ayir ” est un ouvrage contenant 48 pages, il
s’inscrit dans le cadre d’une série de travaux qui se fixent comme but essentiel faire découvrir aux lecteurs les
différents monuments historiques de Safi. Kredya justifie ce choix par la richesse qu’on peut apercevoir aisément au niveau des ces monuments qui
relèvent du patrimoine culturel et civilisationnel de la région de Safi. Il fallait donc redonner une valeur à ces monuments en donnant assez d’informations historiques sur ce
patrimoine architectural.
Le travail abondamment illustré est divisé en deux grands axes qui sont les suivants :
- Les différents toponymes de la forteresse.
- La région d’Ayir avant l’avènement des Almoravides : Une forteresse, un port et un village.
L’ouvrage s’ouvre sur un préambule général où l’auteur explicite les grandes lignes de son nouveau projet en signalant à la fin le sujet du quatrième numéro de sa série, en l’occurrence, la forteresse d’Ayir.
Comme le précise KREDYA la forteresse d’Ayir se trouve à soixante
kilomètres de la ville de Safi. Elle est, en outre, l’un des édifices historiques les plus connus de la région Doukkala-Abda. La forteresse, qui est
délimitée du sud par la commune d’Albaddouza et du nord par Loualidia, s’installe sur une falaise morte en face de la côte atlantique.
Dans le premier axe de son travail, l’auteur souligne que la région était nommée de trois mots véhiculant des sens différents et que nous expliquons ci après :
1 : Le mot Ayir “ أيير” est un mot relevant de la langue amazigh pourrait signifier un lieu se caractérisant par une altitude remarquable.
2 : La deuxième appellation est “ GHAYT غيط” qui signifie une terre étendue, une plaine, l’oued et également une terre fertile.
3 : La région avait aussi comme toponyme la maison du cavalier “ دار الفارس” vu que la région était connue par l’élevage des chevaux et leur exportation vers le Portugal. De même, les fils de Sidi Farse Ben Al Hassan AL GHAGHAÏ* et ses descendants se distinguaient par leur ingéniosité relative à l’art équestre et leur expertise dans ce domaine.
Quant au deuxième axe, l’auteur y évoque la situation de la forteresse avant l’arrivée des Almoravides. En effet, Ayir était :
1 : Une forteresse bien entourée de tous les côtés et donnant sur une terre étendue où se font des travaux agricoles. La forteresse a connu des changements lors de l’occupation des Portugais.
2 : Un village peuplé au commencement par des tribus de Masmouda puis par
celles de Sanhaja. Les habitants de l’époque s’intéressaient à la science, la religion et le soufisme.
3 : Un port actif où les bateau pouvaient stationner pour avoir les récoltes de la région (les céréales, les chevaux, textile…)
Dernier mot :
La forteresse d’Ayir qui était classée comme édifice faisant partie des sites patrimoniaux en 2 décembre 1953 doit être impérativement restaurée et remise en valeur dans le dessein de sauvegarder ce patrimoine historique remontant au quinzième siècle.
En guise de conclusion, et au nom de tous les Ayiriens du monde nous remercions infiniment le chercheur KREDYA Brahim d’avoir mis en relief ce monument historique qu’est la forteresse d’Ayir. Nous espérons en sus une longue vie au projet historique de KREDYA.
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* : Certaines sources prétendent que Sidi Farse Ben Al Hassan ALGHAGHAÏ aurait fondé
la forteresse d'Ayir.
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