Publié le 25 Mars 2010

TOMATE.jpg

      Tirée de mon répertoire photographique, et prise à Safi lors des dernières vacances estivales, je la dédie à tous ceux qui se donnent tant de mal  pour s’acheter  de l’or rouge, en l’occurrence,  la tomate.  Ou  encore à ceux qui mettent la main à la poche et ne trouvent pas de quoi en payer un kilo.

      Le prix de tomate est en crescendo au Maroc ces derniers  temps, il touche à 20 dirhams. Personnellement parlant, je fais d’ores et déjà  économie totale de cet or rouge quant à la préparation de mes repas  culinaires.

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Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #critique

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Publié le 25 Mars 2010

Sur la route reliant Fam El Hisn à Bouizakarne  se trouve un village nommé  Tamanarte, l’appellation Tamanarte tire son origine du fait que la région se trouve traversée par le fleuve appelé Oued Tamanrt.  Entourée par une pluralité de montagnes faisant partie de la chaîne  Bani, cette localité se distingue par ses beaux paysages ainsi que ces traditions qui font de Tamanarte une région qui suscite l’intérêt des visiteurs.

La tribu Aït Mribat :

Les habitants de Tamanarte font partie de la tribu Aït Mribt, l’une des tribus sahariennes qui occupait le Sahara et luttait contre les invasions étrangères. D’après quelques références, cette communauté est venue de la Mauritanie, elle a pu de même fonder l’état des Almoravides : La dynastie berbère qui a régné sur l’Afrique du nord entre le XI et le XII siècle de l’ère chrétienne. Après le déclin de Marrakech, fondée par Youssef Ben Tachfine  le chef des hommes de Sanhadja (Almoravides)vers 1060, cette dynastie s’est  recroquevillée  dans les régions du Sahara ce qui prépare le terrain aux Almohades pour régner sur la ville ainsi que le Maroc à partir de 1147.    1  

Par conséquent,  les Almoravides se sont dispersés dans plusieurs régions du sud marocain  notamment  Guelmim,  Assa, Tan Tan, Tamanarte, Aka, et Fam El Hisn. La tribu Aït Mribat (le nom qu’elle porte jusqu’à présent) s’est installée dans la région de la chaîne montagneuse Bani.   Elle  s’est distinguée par son passé farci de gloires et de victoires. Ceci dit, la tribu a mené des combats contre le joug du  colonialisme. Elle s’est  engagée, en outre, dans la résistance nationale lors de la période colonial. Ajoutons que les Aït Mribat ont joué un rôle très important dans les activités commerciales de l’époque.2

         :   Le moussem de Tamanarte

L’Anmougare ( moussem)  de Tamanarte qui s’organise de façon annuelle est conçu comme étant une opportunité pour présenter aux habitants des différents douars de la région le patrimoine de Tamanarte. Ce moussem,  qui s’étale sur trois jours successifs de la deuxième moitié du mois de septembre, constitue un meeting incontournable pour les populations.                       

L’Anmougare de Tamanarte, qui se tient à Agrad (mot de langue amazigh renvoyant à ce qui se situe en haut),   est visité pour les diverses activités musicales qui s’ y trouvent  et également pour s’acheter les  denrées essentielles. Les activités musicales  desquelles nous parlons se présentent pendant les veillées artistiques organisées à la fin de chaque jour.

La tradition Hawi :

Le troisième jour du moussem coïncide avec  l’organisation d’une tradition qui suscite l’intérêt des  visiteurs. Il s’agit de Hawi ; une tradition qui se trouve enracinée dans les pratiques des habitants et attestant un héritage ancestral à la fois riche et divers.

Si nous croyons les personnes que nous avons rencontrées, nous dirons que la tradition était appelée dans un premier temps (هو الله : c’est Dieu). Cependant, cette nomenclature a subi des changements au fur et à mesure des époques pour être appelée présentement  Hawi (هاوي ).

Concernant l’origine de cette tradition remontant à  l’époque du Cheikh Ben Brahim Tamanrti le saint  du village. Les histoires orales précisent  que pendant l’arrivée de cet homme, il y avait une demeure où il devait s’y installer mais elle été habitée par des forces surnaturelles  ce qui obligeait les habitants de l’époque de s’armer du saint coran et des feuilles de palmier pour  faire des tours autour de la demeure en ressassant  (هو الله : c’est Dieu) jusqu’à ce que ces forces soient  parties à jamais.

A nos jour, le moussem se clore sur cette tradition qui se pratique  à Agdar. Les participants (des enfants, des jeunes et  des adultes) à cette tradition doivent former un cercle afin d’effectuer des tours en répétant collectivement le mot  HAWI. Les femmes ne participent pas à cette tradition, elles se contentent donc de  suivre de près le spectacle tout en s’habillant des vêtements blancs. D’après la croyance collective, la personne qui tombe pendant l’exécution de cette tradition n’assistera pas  au moussem de l’année prochaine  puisqu’elle rendra bientôt l’âme à dieu.

Ahwach de la région Tamanarte :

Les habitants de Tamanarte pratique la danse d’Ahwach pendant toutes les cérémonies collectives. Cette danse se caractérise par une pratique qu’on appelle Tanadamt  : Il s’agit d’un chant dialogué qui ressemble à une joute orale. Les participants  y compris les femmes forment deux rangées l’une rivalise avec l’autre.

Chaque partie à un improvisateur c’est-à-dire la personne censée émettre des paroles pour évoquer l’improvisateur de l’autre partie. Quant aux sujets évoqués dans cette rencontre, ils doivent avoir  un cachet local ; les improvisateurs parlent des sujets de leur vie quotidienne. On utilise des instruments de musique à percussion comme Ganga et les tambourins. Les femmes favorisent ce climat musical via leurs youyous. Notons que cette tradition est fortement présente pendant le moussem du village.

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Rédigé par raja abdelkader

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Publié le 19 Mars 2010

sParfois le sens qu’on donne au même mot est diamétralement différent d’une culture à une autre ou encore d’un contexte à l’autre.  Cette conception dépend de notre vision du monde et notre rapport avec ce même monde. Le souk est l’un des constituants de la culture arabo-musulmane dans le sens où il s’agit d’un lieu qui avait une grande importance pour nos ancêtres. A nos jours le souk a perdu partiellement ses valeurs mais cela n’empêche de dire que dans certaines régions le mot souk est synonyme d’appartenance, de rassemblement, de symbiose, et bien d’autres significations comme l’atteste cet article qui tente à sa guise de tracer les valeurs du souk dans la vie des habitants de la commune rurale  de Fam El Hisn qui dépend administrativement de la province de Tata.

Comme l’attestent les définitions dictionnairiques ; le souk est un marché des pays arabes, très animé et se caractérisant par la présence des ruelles souvent couvertes.  Le mot souk a une connotation péjorative aussi bien en langue arabe qu’en langue française mais cela  ne diminue en rien  sa  valeur et son  importance  dans la culture arabo-musulmane. En guise d’exemplification,  l’expression française qui relève de la langue familière Faire le souk renvoie au fait de faire du vacarme, ce qui revient à dire que le souk est une source de vacarme et de brouhahas. L’expression contenue      dans notre langue dialectale  ديرين السوق [DAIRIN SOUK]   est équivalente de l'expression " faire le souk".

 L’expression française Mettre le souk Ayant comme portée sémantique mettre en désordre vient pour montrer davantage ce fait. Ce qui sous-entend que le souk n’est autre qu’un lieu  se distinguant par le manque d’organisation et d’arrangement nécessaires.                                   

A l’encontre du souk dans le milieu citadin, le souk en milieu rural est endossé de moult significations.  Nous en  expliciterons ci-après quelques unes :

Souk est approvisionnement :  

La première fonction du souk est inexorablement l’approvisionnement en matière de denrées essentielles. En effet,  le souk de Fam El Hisn qui s’étend sur une journée (le mercredi) offre aux habitants de la région l’opportunité  de s’acheter  l’ensemble des produits qu’on désire avoir.

Souk est rassemblement :

Le souk de Fam El Hisn est un espace de rassemblement et de rencontre vu qu’il présente aux habitants des différents douars de la région une plate-forme pour discuter, se rencontrer ou encore pour s’enquérir de l’état des membres de la famille étant donné que le système tribal est encore présent dans la région.

Le souk est ancrage des liens sociaux :

La visite du souk hebdomadaire n’a pas toujours la seule et l’unique  finalité à savoir l’approvisionnement. Ceci dit, le souk permet aux habitants d’établir de nouvelles relations, de consolider d’autres et d’enraciner le sentiment d’appartenance à la communauté.

Le souk est un dépaysement :

Le souk donne également ou davantage la possibilité de changer volontairement l’environnement surtout pour les habitants des douars de la région peu éloignés. Le souk leur  offre l’occasion fort opportune pour explorer de nouveaux horizons et de voir d’autres personnes et ainsi assouvir leur  caractère grégaire.        

En somme, il est évident que le souk en milieu rural comprend plusieurs significations  qui dépassent le sens étroit du mot, il s’agit bien évidemment d’un lieu d’échange, de communication,  de partage et de consolidation des liens sociaux.

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Rédigé par raja abdelkader

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Publié le 17 Mars 2010

s iAprès  les grèves qu’a connues la région de Tata et qui avaient pour finalité  le fait d’inciter les responsables à intégrer la région de Tata  dans  la liste des zones dites isolées. Le paysage syndical de Tata lance dès le mercredi 17 mars 2010 une grève ouverte avec l’organisation des sit-in devant les municipalités dans le dessein de sensibiliser l’opinion  publique  à   la revendication légitime du corps professoral et administratif  de Tata.

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Rédigé par raja abdelkader

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Publié le 7 Mars 2010

A l'occasion de la journée mondiale de la femme je dédie ce poème,  tiré de mon répertoire poétique, à ma mère ainsi qu'à  toutes les femmes du monde en leur  espérant un longue vie pleine de bonheur et de santé.
إلى أمي

 

أنا قادم  إليك

لن أنتظر

غروب الشمس

ولن أستقل غير

القطار الذي تحبين

ولن أسير

إلا

في دربك

الذي أنرتهِ

بصراخكِ الأبدي

أمعن النظر

في وجهك

فتدفنينه

بين يديك الصافيتين

أهمس في  أدنكِ

ثلة من الحروف

فتردين بدموع ثائرة

أقبل جبينك

فيتصبب عرقا

من وقع حيائكِ

لن أخون الدرب

الذي رسمتِ

ولن أطفئ الشموع

التي تتحف المكان

سأطلق ساقي

للرياح

وأصيح بأعلى صوت

أحبك......     أحبك......

فانتظريني عند

نهاية الطريق

عند آخر شمعة

.زينتِ بها  المكان

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Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #occasions et fêtes

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Publié le 7 Mars 2010

r

Il va sans dire que l’une des traditions marocaines où se reflète grossièrement l’héritage ancestral est le mariage conçu comme symbole de pérennité et d’union. Le mariage au Maroc ne se fait pas de la manière identique. En effet, chaque région du Maroc le célèbre selon des pratiques qui leur sont particulières.

Le sud marocain a ses propres pratiques puisées dans l’héritage ancestral. Dans cet  article nous allons travailler sur les particularités du mariage à Fam El Hisn ;  une région entre autres de la province de Tata.

Les habitants de cette région font partie  de la tribu Aїt Omribat qui est venue du Sahara pour s’installer au près de la chaine montagneuse Bani. Comme son nom l’indique, la tribu Aїt Omribat a un rapport avec les Almoravides la dynastie berbère et musulmane  qui a régné sur l’Afrique du nord au XI et XII siècles.

La tribu se basait sur l’élevage des bétails qui constituait à l’époque la source de vie des membres de la tribu. Cette communauté  amazigh était influencée  par les arabes puisqu’elle était en prise directe avec eux . La tribu   Aїt Omribat s’étend de Fam El Hisn jusqu’aux frontières d’Assa et Ttaghjijt.

Parler du mariage à Fam El Hisn, c’est parler d’une cérémonie qui se distingue par sa richesse traditionnelles. La durée du mariage est déjà bien significative. Le mariage à Fam el Hisn se prolonge sur 5 jours  et parfois sur  toute une semaine.

Les fiançailles “ la khoutba” :

 C’est la période d’avant le mariage, elle se prête comme étant une promesse au mariage, pendant cet période la famille du fiancé vient demander la main de la fiancée en apportant à la famille de cette dernière ce que les habitants de Fam El Hisn appellent communément  en langue amazigh “ Tazgaout”  c’est-à dire l’ensemble des affaires ( vêtements, objets, bagues de fiançailles ) offertes à la fiancée et que nous recensons comme suit :

 Idougane : la chaussure 

Adghar : (la partie haute de l’habit des femmes de la région)

Lizar : la partie inférieure de l’habit (la robe)

Il s’avère nécessaire de signaler là-dessus que Adghar est en principe de couleur noire mais les pratiques modernes ont donné naissance à d’autres couleurs comme le blanc. Quant à Lizar il est généralement d’une couleur blanche.

Ikhankhalan : les bijoux qu’utilisera la fiancée pendant le mariage, lesquels bijoux doivent être en argent, de même, ils doivent observer le cachet local comme l’est Tanbaline.

Tazgaout peut contenir également des denrées essentielles telles que : la viande, l’huile, le sucre et d’autres produits de consommation)

 Les  familles  du future couple se mettent d’accord sur le début du mariage, c’est pour cela qu’ils préfèrent inaugurer le mariage le lundi ou encore le mercredi.

Le premier jour :

Au cours de cette journée la famille de la mariée organise ce que les habitants ont tendance à  nommer “ Isid” où il est question de présenter aux femmes invitées des ustensiles contenant une quantité considérable de blé. Le travail des femmes consiste en l’affinement du blé. Celui-ci peut assimiler des fruits durs comme l’amande el les dates. Parfois on déguise sciemment des bijoux argentés, la femme qui trouvera ces bijoux a, selon la croyance collective,  de grandes chances dans sa vie. L’affinement du blé se fait dans un climat musical parce que le  travail s’accompagne de temps  en temps des chants mélodieux.

Pour ce qui est de la famille du marié, elle passe la journée à se préparer pour le reste du mariage.

 Le deuxième jour :

La famille du marié prend l’initiative;  menue de ce qu’on nomme “Alkawaghit” (Des papiers cartonnés)  elle visite la famille de la mariée pour rendre moulu les matières aromatiques véhiculées  par les sept  “Kawaghit”. Ceux-ci contiennent respectivement les matières suivantes :

1: Tidgt

2: Tossrghint

3 :Tara

4: Alward

5: Ej-jawi

6 : Assakssi

7 : Elkranfal

Les femmes se servent d’une moulinette traditionnelle “ la rha” pour ce faire, l’ambiance est égayée par des champs et des discours réciproques  “ Tangift” entre la famille du marié et celle de la mariée.

 Le troisième jour :

 Le troisième jour est considéré comme le commencement effectif du mariage;   la famille du marié invite pendant la matinée des fkihs ainsi que leurs proches. Les fkihs sont censés faire la lecture de quelques sourates du saint coran.

PICT0030.jpgUne fois la nuit tombe la famille du marié convient des groupes folkloriques locaux à une veillée  artistiques où ils présenteront un spectacle au profil des invités.

Notons que la famille de la mariée fait, à quelques différences près, les mêmes pratiques.

Le quatrième jour :

Les deux familles se ressemblent  pour conclure l’acte de mariage dans la maison de la future femme. Les Adouls font mention de “ Lkimat” mot qui renvoie à  tout ce qu’ont  offert, les parents de la mariée et  ses proches  (cadeaux , bijoux, vêtements…).

Une fois la nuit est là, la fille doit dire au revoir à la maison de ses parents pour mettre les pieds sur le sol de  la maison de son mari. Habituellement, l’arrivée de la mariée se fait pendant la deuxième moitié de la nuit. 

Pour accéder à la maison du mari, la famille de la mariée et ses compagnons  sont  appelés à produire quelques chants mutuels. Une fois le cortège est entré, quelques femmes se chargent de préparer l’Aâroussa à la nuit de noces.

L’Aâroussa met le tissu “lizard” blanc  offert par la famille du  mari à l’époque de la Khoutba, 

Quant à Adougane   la chaussure, les deux familles invitent  un petit enfant ,qui ne doit pas être orphelin, à mettre les pieds  de l’Aâroussa dans les deux paires de chaussures. 

Le marié pendant le rassemblement du cortège jette de la hauteur de sa maison des fruits secs et quelques gâteaux et sort pour trouver sa femme seule dans sa chambre.

Le dernier jour :

C’est pendant cette journée que la femme s’habille du  “Lizard” blanc où figurent quelques petites taches de sang dans l’intention de faire preuve  de  virginité. Pendant cette sortie l’Aâroussa et Laâriss  procurent  les enfants des fruits secs et des gâteaux cette tradition est nommée          en langue amazigh  “Iraman”

Pendant la soirée la famille de la mariée prépare “Arbâi “ qui se présente sous la forme d’un plat de riz assaisonné par  l’huile d’olive, parallèlement l’Aâroussa se prépare en mettant des vêtements traditionnels, de la parure et des parfums.

Dans sa version moderne,  Arbâi est constitué des éléments suivants : du  lait, des  jus, des  gâteaux, des œufs, de la limonade, des dattes, et quelques cadeaux offerts par les filles.

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Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

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Publié le 1 Mars 2010

Début du cinéma marocain :

Comme le précise le critique cinématographique marocain Ahmed BOUGHABA ;  L’histoire du cinéma marocain se confond avec celle du cinéma mondial. En effet, après la naissance du septième art grâce aux premières productions filmiques des frères lumière. Les opérateurs de Ceux-ci   ont choisi le Maroc pour filmer la vie quotidienne des marocains bien avant le protectorat (à partir de 1896). En vertu de sa richesse culturelle et naturelle,  le Maroc est devenu  à l’époque une destination privilégiée par les réalisateurs occidentaux.

La période coloniale, où  les français ont pu produire des œuvres cinématographiques, cède la place à un cinéma purement marocain favorisé par la création du centre cinématographique marocain (CCM) et les studios Souissi de  Rabat en 1944.

L’expérience cinématographique considérable de Mohamed OUSFOUR vient pour donner au cinéma marocain de cette période un rayonnement par le truchement des films, des documentaires et des reportages  produits par OUSFOUR.

Le film Wachma (Trace) de son réalisateur marocain Hamid BENNANI  se prête comme un grand tournant dans l’histoire du cinéma marocain dans le sens où il constitue le film fondateur du septième art au Maroc.

Le cinéma amazigh :

Le cinéma amazigh doit attendre plus d’une vingtaine d’année pour voir le jour. En fait, en dirigeant à Inezgane la troupe théâtrale Tifawin  ״Lumières״ ;   Lahoucine BIZGUAREN était hanté par l’idée de produire un film en langue amazigh. Chose qui s’est concrétisée grâce à Tamghart wurgh (Femme d'Or,).produit en  1993. Ce film est conçu comme le premier film du cinéma amazigh. D’une part Femme d'or a rencontré dans sa production des problèmes relatifs à l’insuffisance des mécanismes de la production filmique. Le public visé était réduit à   ceux qui comprennent la langue amazigh d’autre part. Cependant le film a pu toucher un large public en vertu de son histoire qui présente la vie d’une femme à la personnalité exemplaire et qui doit affronter de multiples obstacles dans la finalité de s’imposer en tant que femme tout en attendant le retour de son mari séjournant à l’étranger.

Le succès de  Tamghart Wurgh a encouragé la production d’autres films amazighs ainsi que la création des sociétés de production ce qui a favorisé davantage les productions cinématographiques. Ce développement remarquable a connu sa période scintillante de 1993 à 2008.

affiche festivalle4-211x300Le festival  national du cinéma amazigh qui se tient à Ouarzazate vient mettre du baume au cœur de ce cinéma novice dans la mesure où il constitue un carrefour des réalisateurs.  Ce qui leur permet d’échanger les expériences cinématographiques  en vue de mener à bien le bateau du septième art amazigh.

Il est manifeste que le cinéma amazigh contemporain est entre de bonnes mains. En fait, un groupe de réalisateurs se donne la tâche de  creuser davantage l’itinéraire de ce cinéma qui se développe doucement mais sûrement. Lancen SARHAN, Lhoucine CHKIRI, Rachid HAZMIR, Mbarek BIHMADEN  et autres réalisateurs présentent au public des œuvres cinématographiques où se mêlent  simplicité de la culture amazigh et le charme de la nature.

Pour voir de près les caractéristiques du cinéma amazigh nous proposons dans cet article une lecture  dans  deux  films contemporains. Notons que cette lecture tâchera de mettre en exergue  les grandes expressions du dynamisme  du cinéma amazigh au niveau de la forme et du contenu.

1 : Lkdam LKhair  de  Mbarek BIHMADEN :

y.jpgRéalisé par le chanteur et réalisateur  Mbarek BIHMADEN Le feuilleton Lkdam LKhair présente une histoire fantastique et qui reprend encore la dualité éternelle Bien/mal. Les conflits familiaux, la cupidité y est fortement présents.

Pour parler du titre du film, nous dirons que   « Lkdam LKhair  » est une expression relevant de la langue amazigh; elle renvoie aux retombées positives que peut avoir l’arrivée d’une personne à un lieu donné (maison par exemple). Dans le  feuilleton  les pieds du bien Lkdam LKhair ne sont autres que ceux de Noura ELWALTITI faisant  le rôle de Hanane qui, grâce à  son arrivée à la maison du héros Hicham (Mbarek BIHMADEN), change complètement la vie de celui-ci et de ses enfants (Nour-Eddine, Aziz, Hamza).

Le scénariste Id Abderrahman BOURHIM nous trace la vie d'un oncle  qui doit s’occuper de  trois enfants.  De retour en Amérique, Hanane se doit d’effectuer quelques affaires relatives à la société héritée de son père et dirigée par son oncle.  La cupidité de ce dernier le rend fou et décide de mettre fin à la vie de sa nièce. Si l’on peut considérer le résultat, la mission de l’oncle se trouve échouée étant donné qu’après qu’il a jeté sa nièce de la hauteur d’ une falaise  dans le dessein de réaliser sa mission. Hanane est sortie de cette expérience vivante  mais elle a eu une courte-perte de mémoire.

Découverte par les hommes de la région, elle est vite conduite aux autorités locales. Hicham se met au parfum de la bonne nouvelle et décide  de prétendre que Hanane n’est autre que sa femme en justifiant sa prétention par les vêtements de Hanane et une trace sur son dos.

Arrivée à la maison de Hicham et ses enfants, Hanane commence une  nouvelle aventure où elle s’est confrontée à divers problèmes ;  néanmoins elle s’habitue et s’intègre facilement dans ce nouveau monde. L’oncle apprend que Hanane est encore vivante et décide de la kidnapper chose qu’il a faite en compagnie de  ses partenaires. Hicham poursuit l’oncle et arrive à sauver la soi-disant mère des enfants. Pendant cet événement Hanane apprend que Hicham lui a menti et regagne sur-le-champ sa société. La nouvelle vie de Hicham et ses enfants était dure sans Hanane.  Il en est de même pour celle-là qui débute à sentir le vide dans son intérieur. Lkdam Lkhair se clôt sur le retour de Hanane à Hicham et les enfants et décident  de procéder au mariage.

Les  quarte parties de  Lkdam Lkhair mettent  l’accent sur les contradictions existant entre deux mondes majeurs : Le monde de l’oncle et le monde de Hicham et sa petite famille.

Le monde de l’oncle :

Le premier monde est caractérisé par des conflits permanents, la présentation de ce monde se réduit à incarner  la villa de l’oncle, sa piscine, son jardin.  En un mot le mode de l’oncle semble privé de tout goût de vie. On voit souvent l’oncle en train de maltraiter son entourage (sa femme, son subordonné et  son fils  apparemment démesuré,) ou encore effectuer des va-et-vient dans un geste de préoccupation obsédante.

Le monde de Hicham, Hanane et les enfants :

Quant à ce deuxième monde, il s’accapare la grande partie du feuilleton ;  ce n’est pas gratuit que les mouvements de la caméra (plongées, contre plongées) fouillent avec détail dans ce monde pour le présenter comme étant un monde d’amour et d’harmonie et de simplicité comme le montre grossièrement le caractère bédouin et beau  de la maison de Hicham. A l’encontre du premier monde où priment la cupidité et l’opportunisme, ce monde est égayé par les chants mélodieux des deux chanteurs Hanane et Hicham,     les jeux des enfants et la beauté des paysages verdoyants.

Les deux monde s’opposent certes, mais derrière cette crispation le lecteur peut déceler facilement qu’ils se complètent puisque l’existence de l’un dépend de l’autre.  La suprématie du deuxième monde se réalise au détriment du premier, les aspirations de ce dernier sont toujours vouées à l’échec.

Les gros plans, les très-gros plans utilisés pour présenter la vie de Hicham et les enfants est un procédé qui vise à faire partager le lecteur les émotions, le bonheur et le malheur de la petite famille. Chose qui est totalement absente chez le camp de l’oncle.

Le rythme  du feuilleton se répartit entre lenteur  et rapidité ; le monde de l’oncle est rapide il n’y a lieu de donner importance à ses proches. L’oncle apparait pour la plupart du temps occupé, dérangé quitte à dire obséder par son complot. Cependant la vie de Hicham est introduite avec les moindres détails; le caméraman se soucie de présenter leur vie avec un rythme lent, cet aspect s’accentue quand on a affaire à des scènes ou Hicham et Hanane chantent.

2 : Tagat (La catastrophe) de Lhoucine CHKIRI.

 GetAttachment-copie-1.jpgLe film se compose de deux parties qui se complètent, le réalisateur  Lhoucine CHKIRI y expose la vie d’un mari tranquille Abdennabi EDDEHAIM dans  le rôle de Hassan qui tue sa femme après des disputes incessantes entre lui  et Fadma ( sa  femme jalouse).

Le film s’ouvre sur une présentation panoramique du la ville d’Agadir ( le lieu général) pour passer à une scène d’exposition où il est question de faire connaitre aux public le travail que mène Hassan entouré de sa secrétaire Mina. 

Lors d’une querelle  Fadma exhibe son doute à propos de la relation entre son mari et sa secrétaire. Les deux commençaient à s’échanger des gifles.  Enragé, le mari donne un coup de gifle à Fadma qui succombe en  frappant  sa tête contre le bois. Par conséquent, Hassan se sert de la voiture de Mina (sa secrétaire) pour se débarrasser définitivement du cadavre de sa femme.

Le cadavre était découvert par les autorités locales dans un fleuve à Aїt Melloul, ce qui oblige Hassan à partir en compagnie de ses enfants. Les autorités ont pris de la peine pour suivre le suspect.  Pour échapper  des regards des membres du groupe qui le menace,  Hassan se déguise derrière un arbre.

chkiri husseinUn inspecteur tire son révolver  de son ceinturon et vise le suspect, une balle se trompe d’adresse et met terme à la vie du fils Ideer ( Yahya)  de Hassan.

Le mari se réveille en prononçant de façon  stridente le nom de son fils ( Ideer) . Sa femme le rassure tout en ressassant l’énoncé suivant : Maudit soit le Satan.

Le film se termine sur le retour de l’équilibre dans la vie du couple. Le héros faisait donc  un long rêve ( l’histoire du film) en dormant sur les fauteuils de sa maison.

Pour parler de Tagat il faut le concevoir dans un premier lieu comme étant un film rêve. Donc pour l’appréhender il faut étudier les manifestations  et l’arrière- plan de ce rêve.

Le sens apparent du rêve  est facile à déceler. En effet, le film nous présente l’histoire d’un homme qui commet un crime à l’égard de sa femme après un certain nombre de disputes pour des futilités. Quant au motif du rêve, il réside en le fait de ne pas vouloir perdre un couple (une vie).

Pour évoquer le sens déguisé du rêve ; nous dirons que le rêve qu’effectue Hassan est un parcours inconscient qui reflète un degré  extrême d’attachement à la femme et  aux enfants au même degré sinon davantage que cette phobie de perte d’un monde jovialement construit.

Comme dernier mot nous disons que le cinéma amazigh est un cinéma qui se développe d’un film à l’autre. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que les réalisateurs amazighs ont un vrai besoin de soutien et de d’encouragement pour que le cinéma amazigh puisse creuser davantage son chemin.

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Rédigé par raja abdelkader

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Publié le 1 Mars 2010

uu.jpgSous thème ״ l’Oasis : Quelle stratégie pour le  développement durable״ la commune urbaine de Fam El Hisn organise le deuxième festival culturel et artistique de la région. En fait, le festival qui s’étalera sur trois jours consécutifs (12, 13 et 14 mars), est conçu comme étant un meeting fort opportun pour favoriser le patrimoine de cette localité.

L’ouverture du festival aura lieu le 12 mars à partir de 16 :00  avec la réception des invités. Cette soirée connaitra également la diffusion d’un film documentaire à propos de  la région de Fam El Hisn ainsi qu’une veillée artistique où il sera question de présenter des danses folkloriques de la région ( Ahwach, Lgadra, Lharma)

Quant au deuxième jour, il se consacrera  dans un premier lieu à la visite de quelques sites touristiques à savoir : La forteresse Infgan, Tachougalt,  Tighirt et Anou Lhaj. A partir de 9 :00 du matin les assistants auront rendez-vous avec une journée d’étude sous titre : l’Oasis : Quelle stratégie pour le  développement durable. La journée tirera ses rideaux sur une soirée artistique à laquelle assistent :

-Ahwach d’Imi W Agadir et d’Icht.

- L’artiste Rachida TALAL.

-L’artiste Fatima TABARAMRANT.

Le dernier jour sera réservé à des activités à saveur sportive et à la remise des prix  pour se clore sur une soirée artistique à la quelle on conviera Saïd OTJAJAT et le groupe Oudaden).

Reste à souligner que le festival connaitra l’organisation de diverses  expositions durant ses trois jours. 

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Rédigé par raja abdelkader

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