A propos de la dernière du deuxième journal arabophone au Maroc Assabah

Publié le 3 Janvier 2010

PICT0048.JPG

Personne ne doit sous-estimer les rôles que peuvent jouer les différentes sortes médiatiques et dans la conscientisation du citoyen afin qu’il puisse analyser, critiquer et proposer des solutions aux problèmes de sa propre  vie quotidienne et dans la consolidation des constantes nationales ainsi que les valeurs socioculturelles d’une société donnée.

Néanmoins cette logique subit parfois des  ébranlements. En effet,  certains types de médias  ne tiennent plus cette  logique en considération ce qui donne naissance à des pratiques bizarroïdes qui ignorent  à la fois la déontologie et  les modalités médiatiques.

L’image représentant la dernière du  numéro 3010 du quotidien marocain d’informations générales Assabah  est encore fraîche pour témoigner de cette constatation ;  Assabah a accoutumé  ses lecteurs à des photos de quasi-nudité dans la dernière page de chaque numéro.

Etant donné que le  journal s’adresse à un lecteur marocain, la première des choses à laquelle il faut consciencieusement  veiller est : La concordance des messages véhiculés par le support médiatique et les manières avec lesquelles ces messages sont incarnés  avec le récepteur en tant que marocain.  Plus précisément avec les  valeurs communes reconnues et partagées par tous les membres de la société marocaine.

La visée pragmatique du journal réduit le lecteur à un récepteur passif en jouant judicieusement sur le côté désir  ce qui conduit le lecteur illico presto  à se précipiter pour découvrir avec plaisir le plat présenté dans la dernière en ignorant ipso facto les autres parties du journal.

La photo de la mannequine Sonya Lybski est la cerise sur le gâteau qui vient pour couronner le tout ne vise plus à informer le lecteur  mais elle tend à influer sur ses désirs inconscients surtout que la photo accentue sa charge rien qu’en invertissant l’ordre du journal (la mannequine paraît tantôt debout tantôt couchée).

Pour travailler dans la perspective du logique la dernière page du journal peut présenter, dans la finalité d’aller plus loin dans son intention informative voire créative,  d’autres photos qui éveillent  l’esprit critique du lecteur el l’invite à interpréter et sortir avec des lectures fructueuses.  Des productions photographiques, des tableaux de peinture, des images reflétant le réel du lecteur peuvent véritablement être substitués à ces types de photos qui convergent au profil du vendre-son-journal.

Somme toute, nos lecteurs (adolescents, jeunes et adultes) ont besoin d’une presse écrite qui répond à leurs attentes, et qui les pousse à se questionner, à penser et à faire montre  de réflexion et non pas une presse qui les réduit stupidement à des récepteurs passifs.

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #critique

Repost 0
Commenter cet article