Le travail associatif à Ayir entre réalité et ambitions.

Publié le 15 Octobre 2011

Ayir

Dans le cadre de l’intérêt que nous accordons à la région d’Ayir, nous mettons en exergue dans cet article la thématique du  travail associatif ; c’est pour cela que nous diviserons ce travail en deux axes, le premier tracera  un succinct  aperçu sur le travail associatif au Maroc en mettant l’accent sur l’apport de l’I.N.D.H. Et pour clore cet article, nous parlerons du travail associatif exercé à Ayir en tentant de présenter quelques propositions qui peuvent être utiles  pour un envol associatif.

I : La scène associative marocaine.

1 : La Dynamique de la société civile

 Il est communément admis que la société civile au Maroc a connu ces deux  dernières décades une vraie mutation qui s’est manifestée amplement dans l’efficacité de la scène associative marocaine : Résultat fructueux  d’une conscience qui se développe au fur et à mesure des changements que connait le royaume sur tous les plans. Le travail associatif se fixe comme objectifs d’aller de pair avec les grands paris de la politique générale du royaume.

Force est de souligner que la  luxuriance des associations au Maroc n’est autre qu’un indice fulgurant mettant en évidence cette volonté de la société civile de s’améliorer et de produire des effets extrêmement désirables  sur la vie des marocains.

2 : L’apport de l’.I.N.D.H ; initiative d’un roi.

L’avènement  de l’initiative nationale pour le développement humain est certainement vu comme un événement majeur qui a influé positivement sur la scène associative marocaine. Ce qui a fait naitre toute une dynamique s’inscrivant dans une approche globale qui mise sur la création d’une vivacité dans  les différents secteurs de la vie au Maroc. En effet, après son lancement le 18 mai 2005 par le roi Mohamed VI, l’I.N.D.H  se basait sur une vision globale et intégrée du développement social et humain. Par ailleurs, l’initiative royale mettait, entre autres,  l’accent sur les points suivants :

-           Asseoir le développement du pays sur des bases solides

-           La lutte contre la pauvreté en milieu rural.

-           La lutte contre l’exclusion sociale en milieu urbain.

Consciente de ces enjeux et autres,  l’I.N.D.H  a financé des projets conçus  et élaborés par diverses  associations. En fait,  les projets associatifs financés étaient  de grand bénéfice et  sur la rentabilité du travail associatif marocain et sur l’atteinte des objectifs préalablement tracés par l’ I.N.D.H  . L’apport de l’initiative nationale du développement humaine est manifeste dans le sens où elle constitue un parrain pour les associations qui œuvrent dans des domaines vifs pour leur faciliter la tâche dans la finalité de mener  un travail associatif fructueux.

II : Le travail associatif à Ayir.

1 : Présentation de la région d’ayir :

Parler de la région d’Ayir, c’est parler d’une localité sise au nord de la ville de Safi, elle est délimitée par les communes de  Baddouza du nord, et  de Loualidia du sud. Ayir s’étend sur une superficie de 321 km2, quant aux habitants de la région, ils font dans l’ensemble 24,176 habitants et   la plupart des travaux exercés à   d’Ayir sont l’agriculture et l’élevage du bétail.

  Sur le plan historique la région d’Ayir est connue par sa forteresse qui se situe au cœur du centre  Lkasba et donne sur la station balnéaire Sidi Karam Daïf. L’ouvrage Safi  et ses régions" de son auteur ALABDI Alkanouni  précise que la forteresse était existante pendant le IIX siècle de l’Hégire, mais le temps de son édification reste imprécis. La présence portugaise à Safi a pu toucher également la région d’Ayir mais l’arrivée des Saadiens au pouvoir a pu libérer la forteresse d’Ayir de la domination portugaise. En effet, c’est en vertu de l’intervention du Chérif  Abou  Abdellah Mohammed Saadi Saadi en 1517 de l’ère chrétienne que la forteresse ainsi que la région d’Ayir  ont eu  leur émancipation.

Au niveau du potentiel touristique la région d’Ayir se caractérise par une superficie côtière importante à exploiter dans  des projets à vocation touristique. Cette superficie compte  17 kilomètres s’étendant des frontières avec la commune de Loualidia jusqu’aux limites de la commune Baddouza.  

2 : Le statut quo associatif à ayir :

Dans un article que nous avons publié sur le thème du développement local, nous avons souligné que la région d’Ayir n’a pas fait exception à ce dynamisme que connait le Maroc en matière de création des associations, mais nous avons, par ailleurs,  mis en exergue la constatation que le travail associatif se place sous le signe du saisonnier. En effet, le nombre des associations dépasse déjà la vingtaine, néanmoins quelques associations se voient peu actives  et les activités associatives restent tributaires d’un nombre étroit d’occasions qu’on peut compter sur les  bouts des doigts.

Certes, des associations ont pu avoir des retombées positives sur des domaines sensibles comme la santé, le sport, l’enseignement préscolaire et le domaine des travaux industrielles en vertu de quelques activités associatives prometteuses, mais les associations qui font la scène associative à Ayir doivent quadrupler les efforts dans ces domaines,  ainsi que d’autres plus importants comme le culturel qui reste paralysé et qui ne figurent que rarement dans les grandes lignes des dits programmes annuels.

3 : Pour un envol associatif à Ayir

3.1 : Le domaine pédagogique :

Ce domaine est conçu comme l’un des plus sensibles puisqu’il touche de très près un public important, il est temps de généraliser les initiatives de l’enseignement  préscolaire sur tout le territoire ayirien en bénéficiant des projets qui existent déjà. Et ce dans la finalité d’assurer une sorte d’égalité pédagogique parmi les apprenants et faciliter la tâche aux enseignants en matière des perspectives pédagogiques et des résultats escomptés, car l’enseignement préscolaire présente inéluctablement une base importante sur laquelle reposera l’efficacité des programmes du cursus primaire, d’autant plus qu’une classe déjà initiée  et ayant eu des cours préscolaires  présente un tout harmonieux  apte à creuser davantage son itinéraire pédagogique.

Dans le même ordre d’idées, les différents établissements de la région doivent être ouverts sur la société civile qui doit être un partenaire officiel, les associations peuvent ainsi être proches des différentes activités pédagogiques en offrant de l’aide logistique et financier là où les circonstances obligent. De même, des activités associatives à visée pédagogique et/ou sensibilisatrice peuvent être d’une grande utilité dans le sens où elles incarnent un terrain propice pour les différents apprenants pour un apprentissage parallèle  qui passe à travers différentes formes d’expression et donne aux bénéficiaires l’occasion fort opportune pour s’exprimer et produire. L’associatif peut également soutenir les projets d’établissement surtout en matière du soutien scolaire et la lutte contre l’abandon scolaire. A cela s’ajoute que L’illettrisme se pose encore à Ayir, c’est pour cela qu’il faut penser à tisser sérieusement des programmes d’alphabétisation en exploitants des salles d’enseignement des différents établissements de la région. Ce qui reste impératif, donc,  est la création d’une cellule pédagogique dans les différentes associations de la région pour ce faire.

3.2 : Le domaine sanitaire :

La situation sanitaire à Ayir n’est pas du tout satisfaisante, chose qui s’explique par la présence d’un seul et unique centre sanitaire et l’absence d’un  service d’accouchement. Pour remédier à cette insuffisance des compagnes sanitaires peuvent être faites en partenariat avec d’autres associations marocaines qui œuvrent dans le domaine ou encore avec  le ministère de santé.

Il faut également encourager l’initiative d’une ambulance équipée qui a déjà vu le jour à Ayir et qui a  pu produire des conséquences importantes surtout pour les femmes enceintes vu que la distance par rapport à l’hôpital provincial de Safi se pose avec acuité.

3.3 : La gestion et la communication.

L’association se prête comme un tout complexe regroupant un certain nombre de membres, c’est pour cela que la prise de décision doit être une affaire collective, c’est-à-dire elle doit émaner du groupe tout entier, parce que l’individualisme au niveau de la gestion  peut dégénérer en conflits associatifs et communicatifs.

D’un autre côté les associations ne doivent en aucune manière perdre de vue le lieu où elles exercent,  chose qui nécessite l’instauration d’un lien solide d’échange et de communication avec le citoyen à travers des journées communicatives et ce pour faire comprendre l’utilité du travail  associatif aux citoyen ainsi qu’encourager les jeunes à l’exercice associatif. Ce n’est pas du tout aberrant que nous parlons de la communication, car certains habitants confondent encore  entre l’associatif et le communal.

3.4 : L’environnement :

Pour inculquer aux habitants la culture de  respecter et protéger la richesse environnementale de la région, des activités peuvent être fortement conseillées telles que l’organisation des ateliers environnementaux  qui visent à sensibiliser le large public de l’importance de l’environnement, ainsi que  l’octroi et la distribution des équipements pour la collecte des ordures surtout au niveau des régions où le jet des déchets se révèle une réalité   à laquelle il faut promptement pallier.

3.5 : Le culturel :

Force est de constater que le domaine culturel est le parent pauvre des programmes associatifs  ce qui peut s’expliquer à notre sens par une non-prise de conscience de l’impact de ce genre d’activités sur les publics visés. Il faut préserver le patrimoine local et la mémoire collective des Ayiriens : en guise d’illustration la forteresse d’Ayir qui a besoin d’une urgente restauration et les différentes formes d’expression populaire.

Des soirées et concours littéraires, des journées culturelles et/ou cinématographiques, des conférences sur des thèmes d’actualité comme le développement local arrivent certainement à donner une vie aux activités à caractère culturel.

3.6 : Les activités sportives :

L’apparition d’une association spécialisée dans les activités sportives a pu quand même donner  des résultats en vertu de l’organisation de quelques rencontres sportives à caractère footballistique, sauf que le domaine doit être objet d’une vivacité en redonnant plus de valeur au terrain sportif communal construit en partenariat avec l’.I.N.D.H.De même,  il est  possible d’organiser des activités dans les différents sports. En outre, l’ouverture et l’exploitation de la maison des jeunes peuvent favoriser davantage le domaine.

3.7 : Le social :

L’encadrement de la société civile dans les différentes occasions telles que les élections aura certainement une influence positive sur la vie des Ayiriens. En plus, il faut veiller à inculquer la culture des droits et inviter à la respecter,  chose qui peut passer à travers des rencontres de conscientisation auxquelles on conviera un large public. Et pour faire preuve  d’entraide et de solidarité sociale des initiatives peuvent être envisageables envers les  démunis.  

3.8 : Les personnes à besoin spécifique.

Nous avons beaucoup apprécié  l’idée  proposée lors d’une rencontre associative, il s’agissait de créer un centre pour les personnes à besoin spécifique à Ayir. C’est un projet certes colossal, mais l’implication des différents intervenants (associations, conseil communal, ministère du développement social, ministère de la santé ….) pourra donner grand-chose à ce niveau. 

3.9 : L’artisanat :

Les femmes ayiriennes font  ingénieusement des productions artisanales comme les tapis, des activités associatives peuvent donner un rayonnement à ces production en organisant des expositions patrimoniales ce qui peut redonner une vie au domaine de l’artisanat.

3.10 : Les activités lucratives.

Ce domaine n’est que rarement présent dans les programmes associatifs, mais cela n’empêche de dire que des activités génératrices de revenus peuvent être proposées dans le cadre  des L’.I.N.D.H surtout en matière d’agriculture telles que les  coopératives agricoles ou des projets d’élevage du bétail.

Dernier mot

Il est difficile de pouvoir  mener un travail associatif qui pourra toucher tous les domaines desquels nous avons parlé étant donné que plusieurs facteurs s’imposent, mais il est temps de penser à donner du baume au coeur  des activités associatives en touchants les domaines les plus importants dans la région d’Ayir qui a vraisemblablement besoin d’un tissu associatif qui puisse la dynamiser.

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N.B :

- Nous avons parfois utilisé le qualificatif “associatif” pour désigner le travail associatif.

- L’article est ouvert aux critiques et enrichissements des lecteurs.

Rédigé par raja abdelkader

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