Photo du photographe marocain Lamia
NAJIJe goûte aux affres d’hier
J’écoute fébrilement les battements de mon coeur quasi-cassé
Je contemple avec frénésie la splendeur de l’hiver
La beauté somptueuse du lever du soir.
Dans ma poitrine mon petit cœur tremble
Douloureusement, et donne envie à voir
Clairement dans les conjectures de jadis qui me semblent
A la fois saugrenues et bizarres
Qui m’étaient à priori fort utiles
Aujourd’hui, néanmoins, je les toise d’un regard
Acéré, piquant et stérile.
Un arbre ébène
D'une noirceur extrême
Se met par force au devant de la scène
Pour m'infliger des lettres d'un poème
Pour me cracher au visage des rimes lugubres
Enterrant pour la énième fois
Mes vers dans un climat funèbre
Bien qu'ils font preuve de bonne foi
D'emblée, je ne verrai point l'or du soir
Devant lequel je sentais mille soleils
Qui, à coup sûr, ruinaient, brulaient l'impétuosité de mon cœur
En présence de cet arbre pareil à une toile giacomettienne.
Indolent, mon poème s'abstient de finir son chemin
De surcroît, mes vers trépassent au venin.
Je n’aurai point parcouru ce monde
Qui me donne l’impression du déjà-vu
Une beauté sauvage pareille à celle d’une vieille blonde
Des mots à saveur balsamique d’un Chraïbi : vu, lu, entendu
Aptes à me remettre en scène les réminiscences de ce beau temps
M’accueillent à la marocaine et me souhaitent la bienvenue
Au dessus de ces ravins, les rayons du soleil me font suer le front
J’ai su à temps que c’est ma veine imprévue
Entre la canicule du sud et les pluies diluviennes du nord, mon cœur s’installe
Au sein de ce train égaré
Et quand je dégusterai l’haleine de cette mer étale
Je pleurnicherai comme un bébé.
___________________
P.S : Je dédie ce poème à tous les citoyens du sud, au corps enseignant et administratif du collège Bani et à Amine ; celui qui a mis du baume au cœur de mon imaginaire poétique.
Je me tiens debout
Au milieu de cette place
Qu’avait, hier, une grande signification pour elle et pour moi.
Où
Elle s'assied sur son fauteuil roulant
En face d’un paysage
Qu’elle garde jusqu’à présent.
Dans
Sa tête
Je contemple le passé
J’imagine moi-même en train
De prendre les guidons.
Du
Fauteuil roulant d’elle
Mettant, sa tête jaune dans
Mon chapeau militaire.
Et
Sa bouche, à peine ouverte
Elle psalmodiait des prières
Ses yeux étincelants de tendresse.
Une fois
L’image de ce tableau (Chlihat)
Occupe la plénitude
De son esprit.
Elle
Me fait un signe
Pour remettre le fauteuil
Roulant en route.
Ah !
Que dieu la bénisse !
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