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Publié le 15 Juin 2013

    C’était au départ l’une des visites amicales du délégué du ministère de la culture à Safi Mr Saïd CHAMSI pour discuter de la question culturelle dans la province.  La visite a pris un autre chemin ; celui de la découverte et l’émerveillement en la présence d’une exposition d’une artiste française que son cœur regorge un grand amour pour l’Afrique le continent et la mère. Son amour est comparable aux transports véhiculés par les différents écrits poétiques de SENGOR.  Je n’ai  pas raté l’occasion de voir son œuvre avec un œil artistique.

Claudine Suret-Canale  l’artiste:

       ARTISTE-FRANCAISE.JPG     Claudine Suret-Canale est fascinée par la nature dès l’âge de l’enfante qu’elle était, cet amour pour la nature la conduit à représenter l’espace aimé surtout après que son père lui fait visiter des expositions. Les années qu’elle a vécues en Afrique, où  elle a pu trouver l’équilibre émotif qu’elle cherchait vainement ailleurs, étaient d’un impact extraordinaire puisqu’elles renforçaient en elle  cet attachement à la peinture.  Elle y  a trouvé refuge et quiétude de l’esprit et de  l’âme après qu’elle ait été victime d’un accident dont elle garde encore  et des  traces corporelles et le souvenir d’en sortir comme rescapée.

    Claudine a peint dans l’ensemble 1000 peintures sur toiles et 300 aquarelles, elle participe de plus à de nombreuses expositions tant en France qu’à l’étranger.

Une nature infiniment grande : Une œuvre infinie :

SAM_4160-copie-1.JPG     Claudine Suret-Canale travaille sur la faune et la flore et les incarne avec un souci infini pour les aligner dans  un espace infiniment grand, et c’est cela le but de ses tableaux qui se lisent dans un ensemble clos.  Ce qui revient à dire que l’espace qu’elle peint se disperse dans l’ensemble de son œuvre et chaque tableau constitue une partie de son puzzle pictural. Il suffit juste de rapprocher  n’importe quel tableau d’un autre pour les voir se compléter formellement et sémantiquement. Pour elle le paysage infini - d’ailleurs c’était le thème choisi pour sa rétrospective à Safi- où des animaux et  la nature prennent place étroitement se prête comme un aspect qui donne au monde son vernis infini.

SAM 4161

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N.B : Une couverture journalistique en langue arabe est à lire sur : Essaouiranews.

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Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #analyse littéraire

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Publié le 15 Juin 2010

le viel homme et la mer

Cela  fait presque  un an que je m’immisce  dans  l’art photographique ; un art qui commence à me prendre par la gorge quoique novice.

En jetant des  regards hagards  à une pléthore de photographies marocaines produites par des photographes/ chasseurs ( Lamia Naji,  Thami  Benkirane et autres ) la fantaisie de faire une lecture de l’une de ces photographies me prend. L’ultime choix, après une longue perplexité, est de travailler sur une photographie d’un safiot, en l’occurrence, Mr Rachid Naim, un  enseignant à la faculté poly-disciplinaire de Safi.

Partant de l’idée barthienne qui consiste en le fait que tout est récit et de la constatation que le texte est une toupie qui n’existe qu’en mouvement, pour la faire surgir il faut qu’il y ait un acte : La lecture. Nous analyserons dans cette logique la photographie du Vieil Homme et La mer en adoptant une démarche digitale qui appréhendera les éléments les uns après les autres de façon progressive et analytique.

Une identification primaire nous donne à voir dans cette photographie intitulée le Vieil Homme et La mer, que nous avons affaire à une scène présentant, comme l’indique déjà l’intitulé,   un homme devant une  mer apparemment agitée : l’homme est placé à droite et des roches noires à gauche. Reste à ajouter que l’homme est vêtu à la marocaine comme en témoigne la djellaba noire ce qui revient à dire que la scène est prise au Maroc.

Pour évoquer le moment de la prise de vue, nous dirons que la photographie est chassée pendant une promenade pré-vespérale ce qui trouve sa justification  et dans le caractère tiède de la photographie et dans la djellaba portée par le vieil homme dans le dessein de se mettre à l’abri du petit vent frais qu’on peut déguster lors de ce moment de la journée.

Il est patent que le photographe a eu recours  au  cardage horizontal lors de la prise de vue. Ce choix  n’est point aberrant compte tenu des pistes de lectures préalablement escomptées par l’auteur. Supposons que ce dernier a effectué un cadrage vertical ; la photographie ne véhiculera guère les portées sémantiques qu’elle aura  avec un cadrage horizontal. En fait, le cadrage vertical privera la photo de son vernis significatif et diminuera inéluctablement les axes de lecture   ce qui donnera naissance, par conséquent, a une photo où sont placés deux éléments dans la même ligne de force. Néanmoins, le cadrage horizontal  confie à la photographie son pouvoir sémantique et chasse tous les éléments parasitaires à la fonction significative désirée par l’auteur.

Parler du format de l’image c’est parler du format rectangulaire classique. Quant au point de vue, le photographe a réalisé une prise de vue relativement loin des sujets incarnés dans la photo en opérant ainsi une vision d’en haut eue en vertu de la position prise sur  la petite dune de sable qui sépare le photographe des sujets photographiés.

Le plan adopté dans la photo est un plan d’ensemble qui regroupent deux éléments majeurs à savoir l’homme et la mer. L’homme, le sujet placé à droite n’occupe pas le centre de la photographie chose qui nous parait judicieusement faite de la part du photographe que son but n’est autre que d’éviter de rendre la photo plate.

En ce qui concerne les couleurs, le premier commentaire  que le lectorat peut  faire est que l’image est en noir et blanc, les couleurs sont donc des couleurs froides : (le noir et le blanc) ce qui offre à l’image un rythme à la fois lent et stable. Notons également que les autres couleurs ne constitueront aucune  valeur ajoutée puisque le noir et blanc se suffisent à eux-mêmes pour donner à la photographie sa vocation esthétique et sémantique.

La dimension du cadrage dont les signifiés sont  le calme et la quiétude renvoie à la profondeur et la distance par rapport aux sujets photographiés. Il n y pas lieu de parler également  en termes d’une intimité entre le photographe et  le  sujet humain (le vieil homme) ; l’aspect vestimentaire (la djellaba noire) de celui-ci ainsi que l’éloignement relatif par rapport à la scène photographiée viennent pour témoigner de cette distance.

Nous pouvons ajouter de même  que le cadre permet de dominer les deux sujets et dégage une impression de solitude et de détresse. Le recours au noir et blanc intensifie ce sentiment. A cela s’ajoute que les couleurs froides de la photo mettent en scène  à la fois ce malheur et ce manque de sécurité ressentis par le vieil homme.

 La prise de vue nous renseigne sur la dimension culturelle de l’auteur. En fait, le sujet humain qui a une importance capitale  dans la lecture de la photo est placé dans la partie droite  de la photographie ce qui détermine une donnée relative à l’habitude culturelle de l’auteur et qui a influé inconsciemment sur  le choix de la prise de vue. L’habitude culturelle de laquelle il est question réside dans la conception que nous avons nous les marocains de  la droite soit sur le plan religieux (en guise d’exemplification : Commencer par le pied droit à l’entrée de la mosquée)  ou celui relatif à la façon de transcrire la langue arabe (de droite à gauche). Le photographe avait le libre choix - surtout qu’il était en position de derrière – pour invertir l’ordre de la photo et situer ainsi le vieil homme dans la partie gauche,  mais l’habitude culturelle a  parlé en lui à son insu.

L’emplacement du sujet humain dans la partie droite connote cette fuite du  présent, du vécu amer  pour explorer de nouveaux horizons et  sentir le bonheur de quelques rares moments de sérénité. Le caractère obsessionnel du réel est fortement présent dans la photographie chose qui se trouve incarnée moyennant  le roc occupant une marge de la partie gauche de l’image et qui se prolonge dans le hors-champ. Le roc est l’image allégorique de la fermeté du vécu délaissé momentanément.    

Le vieil homme à la djellaba est en quête d’autrui, d’une altérité unique de son genre,  un autre moins négligent, moins bavard, un autre qui prête généreusement ses oreilles. Les vagues de la mer écumeuse  émettent  successivement des cris stridents de colère, les écumes expulsent des expectorations aux visages de ceux à l’origine de la solitude du vieil homme.  

Somme toute, nous somme devant une  scène où un vieil homme s’évade du vécu écrasant,  un vieil homme qui effectue -   le photographe le fait également- une descente aux racines,   à la mer, à  l’eau : Sa matière constitutive.

 Nous espérons que notre lecture modeste a pu dévoiler, de sa manière,   les mystères formels et sémantiques de  la photographie du Vieil Homme et La mer.

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Rédigé par raja abdelkader

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Publié le 14 Février 2010

chafi9Sa naissance en 1986 dans une maison  où s’éparpillaient çà et là des pinceaux et des toiles lui a permis de prendre le pinceau à un âge précoce. En effet, après avoir peint de façon scolaire de divers paysages sur ses cahiers, 3Chafik  Adil achève sa première toile à la fin de ses études primaires.

Aujourd’hui il décore les murs des écoles d’Agadir . De même, il produit des toiles qu’il vend à un prix qui peut atteindre parfois 2000 dirhams.

Dans ces tableaux Chafik peint des paysages fantastiques qui mettent en scène la richesse naturelle du sud, ajoutons que les couleurs chaudes et ouvertes sont fortement présentes dans ses productions.

4

Parfois Adil engendre  quelques toiles qui puisent dans des thématiques qu’on peut rencontrer dans les toiles des peintres du XX siècle qui mettent la lumière sur l’angoisse de l’homme (Alberto Giacometti, Salvador Dali, Pablo Picasso  et autres).

Pour voir de près les expressions de  cet aspect dans la peinture Chafikienne  nous proposons une lecture dans l’un de ses tableaux.

chafi9 21 : Présentation du tableau :

Le tableau représente le portrait d’une personne. Certes il est fort délicat d’en préciser  le sexe mais la posture à saveur féminine nous révèle puissamment  que nous avons affaire à une femme. Les cheveux qui s’alignent sur la partie supérieure du dos affirment davantage cette constatation. La femme se sert d’un tissu  noir ouvert pour  déguiser  partiellement son corps tout en le serrant craintivement sous ses bras.

2 : Analyse du tableau :

La première des choses qui attire le regard est la présence marquante voire excessive de la couleur orange ; couleur du corps à moitié caché et ses contours. La couleur des cheveux, les lueurs qui traversent le tissu quasi-noir viennent pour témoigner de cet aspect.

Les couleurs du tableau se distinguent par leur caractère net, par ailleurs, la couleur dominante est irrévocablement la couleur orange pénétrée parfois par de jaunes reflets.

Force est de constater que la tonalité des couleurs est essentiellement chaude. En outre,  la source de lumière est placée à l’extérieur ce qui revient à dire que la scène qu’incarne le tableau est prise d’une vue en plongée.

3 : Interprétation du tableau :

 La façon avec laquelle la personne se tient debout décèle un sentiment de gêne ou de honte de paraitre à moitié vêtue. Elle  incline  sa tête comme le fit Eve après avoir dégusté les fruits de  l’arbre paradisiaque.

La couleur orange est l’image emblématique de la lumière abusive qui dévoile l’intime et le caché de l’être humain, cette couleur connote également ou davantage le regard  à la fois omniprésent et  dérangeant d’Autrui.

L’inclination de la personne est le signifiant de l’insatisfaction vis-à-vis de soi-même, c’est aussi le regard blessé envers une intimité publiquement dévoilée. Certes le tableau met en scène l’attitude de l’être humain devant le regard acéré et piquant des autres,  mais il révèle bel et bien cette prise de conscience de soi-même qui ne se produit qu’en vertu des regards des autres qui se multiplient pour mettre à nu notre intimité, nos secrets.

En un mot nous avons affaire à un être humain qui ne peut en aucun sens s’approprier le soigneusement dissimulé.

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Rédigé par raja abdelkader

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Publié le 8 Novembre 2008

« Chacun de nos actes met en jeu le sens du monde et la place de l’homme dans  l’univers. » 1

 

Nous nous sommes donné dans cet article la tâche de présenter succinctement les grandes lignes d’un travail académique, en l’occurrence, le projet de fin d’étude fait dans le cadre de l’année universitaire 2006 /2007  à la faculté poly-disciplinaire de Safi. Le travail avait comme finalité d’étudier les manifestations de la thématique de l’absurde dans l’Etranger de l’écrivain français Albert CAMUS.
Préambule :

Il va sans dire que l’écriture camusienne s’inscrit dans le cadre de cette fracture littéraire qu’ont connue les traditions romanesques au fil du XXe siècle. En effet, on ne parlait plus en termes d’une littérature chargée des signes les plus spectaculaires d’ornementation et d’embellissement, mais la création littéraire se caractérisait  par  une absence idéale voire mythique du style  «  l’écriture se réduit à une sorte de mode négatif dans lequel les caractères sociaux ou mythique du langage s’abolissent au profil d’un état neutre de la forme. »2. La création littéraire se trouve donc  foncièrement affectée  par les crises historiques, politiques et morales de cette période chaude de l’histoire universelle.

L’absurde:

Du latin « absurdus », le mot absurde  est synonyme de  « dissonant ». En philosophie le mot absurde est utilisé chez les existentialistes pour caractériser ce qui est dénoué de tout sens préétabli. L’absurde se  définit  comme étant «  la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au profond de l’homme.» 3. Plus précisément l’absurde est le fruit de ce rapport antinomique entre l’absurdité de la réalité et la conscience humaine. La philosophie  de l’absurde dont le fondateur est Albert CAMUS tire ses origines du désastre produit par les deux guerres glorieuses du XXe (1914-1918), (1939-1945) qui ont ensanglanté le monde. De surcroît les théories scientifiques sont ébranlés ;   la science n’est parvenue à expliquer le monde que par une image celle d’une espèce d’ « Invisible système planétaire  où des électrons gravitent autour d’un noyau. »4. Dans le même ordre d’idée l’un des aspects les plus fracassants de la vie est le caractère à la fois  routinier et machinal de cette vie elle-même (lever, tramway, trois heures de travail, repas, tramway, lundi, mardi, mercredi………………). La vie s’écoule sur le même rythme, ce qui soulève la  question du pourquoi de l’existence, du moment que les jours sont stupidement subordonnés  à un lendemain qui est attendu mélancoliquement.  

La philosophie de l’absurde se base sur quatre principes à savoir : la liberté, la passion, le défi et la révolte. Quant à la carrière camusienne, elle s’articule autour de deux pôles essentiels : L’absurde et la révolte Correspondant à deux étapes de son itinéraire philosophique ; le premier pôle comporte une  sorte de prise de conscience du non-sens de la vie qui conduit à l’idée que l’homme est libre de vivre,  quitte à payer les conséquences de cette liberté. Ce pôle  se trouve représentée par l’Etranger(1942), le Mythe de Sisyphe(1942), Les Justes(1950), l’Etat de Siège(1948) et en 1944 par deux pièces théâtrales, en l’occurrence, Caligula et le Malentendu. Le deuxième pôle revêt l’aspect révolutionnaire de l’homme vis -à- vis  de la catastrophe, ce caractère trouve ses  expressions dans  la peste(1947), l’Homme Révolté (1851). Force est de constater que la plupart des œuvres de Camus ont le même contexte à savoir le contexte algérien, et d’une manière générale elles se rattachent à la culture méditerranéenne.

L’impact de l’Existentialisme sur Camus :

L’Existentialisme est en principe une doctrine philosophique conçue et formulée essentiellement par le philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976), dans son ouvrage L’Etre et le Temps (Sein und Zeit), paru en 1927.  Sartre s’était inspiré des idées de cet ouvrage pour exprimer sa propre réflexion à travers L’Etre et le Néant publié en 1943.                       

L’Existentialisme affirme le primat ou la priorité de l’existence par rapport à l’essence, Camus  se trouve influencé par la pensée sartrienne ce qui trouve ses grandes manifestations dans son écriture et le choix de ses thèmes. C’est pour cela qu’il s’avère nécessaire de révéler que Sartre et Camus partagent plusieurs points communs;  si on constate une espèce d’indifférence dans  l’Etranger  de Camus. Nous concevrons également une crise du roman chez Sartre comme le montre amplement  La Nausée, grosso modo pour les deux «  La nature humaine apparaît comme privée du vernis culturel, du sens social »5.

L’absurde dans l’Etranger :

L’Etranger incarne au lecteur l’histoire d’un personnage indifférent à tout ce qui l’entoure, à sa mère, à Marie qui l’aime en un mot, il s’agit d’une personne naïve qui ignore toutes les conventions sociales et donne libre cours à ses réactions absurdes (un être-pour-soi). Compte tenu de ces  quatre coups de pistolet donnés à L’Arabe, Meursault goûtera la vie de la prison ; une période de privation et d’insatisfaction à l’attente de la sentence inéluctable.

L’histoire peut paraître simple aux yeux d’un public milieu cependant pour un grand public l’histoire de Meursault dépasse carrément cette interprétation étroite. En fait, Meursault est l’image du citoyen du XXe qui n’a d’autres réponses à l’absurdité du monde que la complexité, l’étrangeté et la bizarrerie de ses comportements.

Meursault n’a pas pleuré la mort de sa mère certes, mais le procès de Meursault prendra une autre dimension. En effet,  l’affaire de ne pas pleurer sa mère se trouve privilégié  aux dépens du meurtre, ce qui met en exergue  l’absurdité d’une société rationnelle  qui ne sait pas à quel sain se vouer.

« La révolte de Meursault est celle d’une nature maltraitée par     l’idéologie, par la culture. »6

En somme l’Etranger met en scène  ce rapport contradictoire entre l’homme  et son propre univers, l’absurde individuel est une manière entre autres de combattre l’absurde de la réalité, du monde également.

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Récapitulatif bibliographique.

-  1 : Foulquié (p), 1979, l’Existentialisme, p : 66, paris, que sais-je.

-  2 : Barthes (R), 1953, le Degré Zéro l’Ecriture, P : 60, Paris, Seuil

- 3 : Camus (A), 1942, le Mythe de Sisyphe, P : 112, Paris, Gallimard

-  4: Ibid.

- 5: Zima (Pv), 1988, l’Indifférence Romanesque, p : 159, imprimerie de recherche-Université Paul Valery, Montpellier.

- 6:   Ibid.

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Rédigé par raja abdelkader

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Publié le 17 Mai 2007

Michel Butor est très influencé par les œuvres d’art d’une manière générale, déjà son caractère encyclopédique lui a permis de s’ouvrir sur l’art, ce qui se manifeste amplement dans ses œuvres et plus particulièrement La Modification.

Lorsque   les mythes  ne sont plus des objets de foi ils deviennent de simples fables qui continuent d’imprégner l’imaginaire de l’homme étant donné qu’ils sont des sources d’inspiration pour les artistes et les écrivains, dans La Modification de Michel Butor le côté mythologique occupe une  grande place.

A travers Léon Delmont, Butor reprend le mythe d’Enée. Celui-ci partage en commun avec Léon le fait que les deux  effectuent un voyage initiatique. Le mythe d’Enée est introduit sans la moindre indication, ni la brève introduction, néanmoins il y a des indications  pour les découvrir il faut recourir à une lecture en filigrane. A ce propos Léon dit : « Vous essayez une autre position, fermant les yeux parce que la lumière commence à vous gêner. »( La Modification , p : 214), moyennant cette phrase le lecteur et Léon  entament ensemble un transfert profond de l’état conscient vers l’état inconscient.  Il s’agit comme le détermine Nathalie Sarraute dans son livre le langage dans l’art du roman  des « Mouvements indéfinissables qui glissent très rapidement aux limites de la conscience ; il sont à l’origine de nos gestes. », au niveau de la narration  nous constatons effectivement un grand changement à savoir le pronom personnel vous qui se transforme  en un il qui laisse le sujet suspendu.

La phrase « S’il sent vraiment une fumée, c’est qu’il doit y avoir quelqu’un. »( La Modification , p : Ibid), nous fait entrer  au sein du  mythe d’Enée, celui-ci entend en approchant « Une autre respiration lourde, rauque. » ( La Modification , p : Ibid), il s’agit en effet d’ « Une femme immobile qui regarde un livre. »   ( La Modification , p : Ibid), elle a un « Cœur sauvage » (Chant VI de L’Enéide de Virgile), qui « Se gonfle de rage et elle apparaît plus grande. »(Ibid). En outre,  son « Chuchotement considérablement amplifié devient semblable au bruit que fait le train dans un tunnel.» ( La Modification , p : 214), de même que « Sa voix n’est plus d’une mortelle quand l’atteint le souffle puissant. » (Chant VI de L’Enéide de Virgile), nous remarquons  vraiment la même représentation de la Sibylle et sa grandeur sauf que le mythe prendra par la suite une forme légèrement différente dans la mesure où les deux gâteaux : « Je puis te munir de ces deux gâteaux. » dit la Sibylle.  ( La Modification , p : 215) prendront la place du rameau d’or. Par l’intégration de ce mythe Léon veut comparer  son voyage au voyage d’Enée, mais cette fois  en ironisant car le voyage d’Enée vise un but noble.  Le voyage de Léon a un dessein fastidieux , en l’occurrence, la trahison, Enée cherche à découvrir le pays des morts et à s’assurer sur ses descendants, Léon entame son voyage pour le but inverse, c’est- à- dire trahir sa femme.

(la sybille de Cumes)

Quand au dernier jugement de Michel-Ange il est introduit par Léon en disant : « Il n y a plus qu’un nuage épais qui se répand dans le lointain. »( La Modification , p : 216), accompagné d’une « Grosse lueur orange dans la vapeur. »(Ibid), Léon ajoute :  « Sur une chaise curule est assis quelqu’un nettement plus grand qu’un homme. »( La Modification , p : 226), toutefois la constatation que cet homme a deux visage ; le premier est « Tourné vers le malheureux » ( La Modification , p : 225) et : « L’autre tourné vers la porte. »(Ibid) se trouve modifié à son tour ;  par cette interprétation Léon veut nous révéler que l’homme assis n’est autre que Léon lui-même ; la porte signifie que Léon pense au retour.  Le malheureux que représente l’autre visage est une image métaphorique de ce but ignoble que Léon  cherche à accomplir.

(Vue générale du Jugement dernier)

Léon passe à un autre détail à savoir Charon en disant :  « Une barque sans voile avec un vieillard debout armé d’une rame qu’il tient levée  sur son épaule, comme prêt à frapper. »( La Modification , p ,220), l’image ne représente plus un vieillard, mais elle présente un homme fabuleux prêt à tout engloutir, nous assistons  ici à une personnification de Charon ; le vieillard n’est encore autre que Léon qui , selon la première phrase du roman, nous parait  comme un  vieillard par excellence. Léon révèle par la suite qu’ « Il y a une odeur de roseau, de vase »( La Modification , p :224), c’est une constatation purement ironique dans l sens  où le tableau ne livre aucune odeur.

A la fin de la page 220 Léon détermine que la barque de Charon est en fait le train de Léon « Puis il est passé sous la porte Majeure et vous êtes entré à Rome. » ce qui signifie qu’il y a vraiment « Une certain inadaptation du langage du passé. »(Lalande (B), 1984, La Modification , p : 47, Paris, Hatier).  

Charon détail

En somme les références mythologiques comme les références historiques sont très récurrentes dans La Modification de manière à permettre Léon de se découvrir en temps qu’un  homme occidental, et également pour fuir la prise de conscience.

 Léon se trouvera « Soudain dans une route toute autre de celle à laquelle il s’attendait, dans une lumière toute autre. » ( La Modification , p : 282), ce qui signifie que la barque de Léon est déjà paralysée.

 

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Rédigé par raja abdelkader

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Publié le 17 Mai 2007

                       

 

Sous un ciel bleu, des chaises, des hommes, des fenêtres, un morceau d'arbre, un tapis, un sol pareil à des mains violettes de froid. 

 

D'un point de vue analogique l'image présente un espace paisible superbement coloré. Toutefois une lecture digitale renvoie le récepteur à un refuge ou encore un lieu dans un quartier chaud comme le revêt la vivacité des couleurs. Ainsi le récit se trace d'une manière verticale, partant du sol violet vers le ciel bleu. Son signifié est la quiétude, la tranquillité spatiale, son signifiant est la littérarité :  C'est-à-dire ce qui plaide en faveur de cette image, pour qu'elle puisse accéder au rond d'un tableau de peinture. La couleur jaune , frontières du chaud et du froid, impressionnante se précipite pour être au centre de l'identification primaire dans la conception du récepteur. Le caractère sombre du côté inverse illustre une seconde identification. Au niveau du champ chromatique plus que les éléments du tableau  transcendent  plus que la couleur s'assombrie; ce faisant cet indice aspectuel  incarne l'inconnu, le flou, l'ambiguïté.

Le fait de priver  le tableau  de son contexte nous guide directement vers la beauté de la ville ensoleillée  Marrakech.  Le  ciel malgré son caractère sombre elle fait preuve de fertilité; des nuages dont les seins s'alourdissent au lait. D'une manière générale la lumière que véhicule l'image est un signe emblématique de la vie, de la sybmiose et de l'harmonie.

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Rédigé par raja abdelkader

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