Articles avec #histoire et traditions tag

Publié le 20 Janvier 2015

 

couverture 

       La région d’Ayir, qui s’étend sur une superficie de 321 km ², se situe au nord de la ville de Safi, elle est délimitée du sud par la commune de Baddouza, et par la commune de Oualidia au nord. Quant à l’est, la région  est bornée par les communes Moul Bergui et Had Hrara. Par ailleurs, l’océan  atlantique en constitue la limite à  l’ouest. Les habitants de la région se regroupent sous forme de douars, ceux-ci sont de l’ordre de 38 contenant un nombre d’habitants qui a atteint 24.176 H comme en témoigne le recensement de 2004.


       Autrefois, les Ayiriens habitaient des chaumières construites par des matériaux à base de paille; ces chaumières étaient dressées aux quatre coins ainsi qu’au centre grâce à des piliers en bois obtenus après le façonnage des arbres de la région. En guise de protection, ces chaumières étaient entourées par des haies du figuier, des pierres ou encore les deux à la fois.

       

        De nos jours, ces formes d’habitations relèvent du passé et ne sont guère habitées. En fait, les Ayiriens commencent à construire des logements modernes après l’obtention d’un plan de construction ce qui a changé le paysage de certains villages  comme  la Casbah, Laakarta, Hyout Châir et  la zaouïa  de  Sidi Ahmed Radi.

      

         Les habitants de la région à l’instar de ceux des régions côtières ont subsisté en exerçant des activités comme l’agriculture, l’élevage du bétail et la pêche maritime.

  L’agriculture et l’élevage du bétail :

       L’agriculture est l’activité  la plus exercée dans la région parce qu’elle est  favorisée par la présence d’un sol assez  riche qui se  trouve surtout dans le périmètre irrigué, sans oublier les conditions climatiques, une nappe phréatique  très importante et la domination des plateaux. Par conséquent, les habitants cultivent   les céréales (le blé, l’orge et le maïs) grâce à une pluviométrie propice.  La région d’Ayir est connue, de surcroit, par la qualité de ses légumes et ses fruits qui, en sus d’une consommation à domicile gagnent les marchés nationaux et internationaux.

       Ainsi, dans le but  de borner  leurs propriétés agricoles et garantir aux récoltes des conditions propices de croissance,  les agriculteurs font appel à un procédé qui consiste à protéger les vergers par des clôtures produites sur la base d’un assemblage d’ arbustes et de  roseaux.  Les cultivateurs travaillent également ou de plus en plus  dans des serres ; celles-ci donnent  aux différentes plantes de meilleures conditions de croissance et leur  offrent   un climat fort adéquat en les protégeant contre le vent, la pluie et la chaleur. Ce dynamique territoire fait travailler un grand nombre de ses habitants, car la région connait l’installation  de stations d’emballage des tomates qui s’exportent, principalement vers L’Union Européenne. Toutefois le nombre de ces stations est aujourd’hui en régression.

       L’agriculture est  pour ainsi  dire la source de vie de la majorité de la population. Ce territoire est, en effet, étroitement lié à l’élevage du bétail puisqu’il garantit une nutrition composée essentiellement des herbes et des chaumes. Notons que les pâturages libres, où domine une végétation variée, sont aussi à l’origine des sources nutritives pour les vaches, les ovins et les chèvres de la région.

  La pêche maritime :

       La régression qu’a connue la région au niveau de l’exportation des produits agricoles a poussé les habitants les plus jeunes à  chercher du travail ailleurs. Dès lors, la plupart des jeunes Ayiriens ont émigré vers les Provinces du sud marocain pour travailler dans le domaine maritime. Cependant, le dynamisme de ce secteur  amorce, à son tour, ces dix dernières années  une   régression remarquée.

       Toutefois, un nombre important des   habitants de la région continue de vivre de la  mer d’Ayir en pratiquant la pêche à la canne ou encore en cueillant les mollusques, comme les moules, dont le commerce atteint son paroxysme pendant le mois du Ramadan, et, qui s’explique par la demande des villes avoisinantes (Safi, Casablanca….).


Le tourisme et l’artisanat :

       Le premier commentaire que peut faire l’observateur concernant les activités touristiques est que ce domaine est quasi-inactif. Et pourtant, la région se distingue par un potentiel touristique qui possède de grands atouts dans l’étendue côtière de la région comptant, au moins, dix-sept kilomètres. Ainsi, grâce à ce potentiel, Ayir pourrait devenir un vrai pôle de tourisme à condition   de doter la région de stations balnéaires et de   complexes touristiques.

       Quant à l’artisanat, il s’agit d’un secteur fort prometteur eu égard des femmes d’Ayir  qui fabriquent habilement des produits artisanaux ; à titre d’exemple les tapis  ayiriens et  les objets décoratifs. Ce secteur  pourrait être la matrice d’une réhabilitation qui viserait à favoriser le secteur en encourageant la  création  des coopératives féminines artisanales ou encore  l’édification d’un complexe artisanal au sein de la région d’Ayir, ce qui ne peut, à notre sens, que valoriser le patrimoine artisanal et promouvoir les activités touristiques.


Les écoles coraniques à Ayir.

       Bien avant l’arrivée de l’enseignement public à Ayir, les fakihs ayiriens enseignaient à leurs disciples, issus de différentes régions du Maroc, les préceptes de l’Islam et la science du coran dans des écoles construites à cet effet.  Abou Lâbas Ahmed Ben Radi Al Kanouni, Abou Lâbas Ahmed Ben Abdurrahman Al Hadouchi et Abou Lâbas Ahmed Ben Lhadj figurent en tête de la liste  des fakihs et prêcheurs de la région d’Ayir. L’apport de ces fakihs et d’autres a été très important ce qui se justifie par le savoir qu’ils ont transmis d’une génération à l’autre. L’appellation « région des Tolbas » qui qualifie Ayir est donc bel et bien significative.


       Actuellement, cet héritage demeure encore vivace. Effectivement, la présence des écoles coraniques telles que celle de la confrérie de   Sidi Ahmed Radi réservée à l’apprentissage et l’étude du Coran assure à l’enseignement traditionnel et théologique sa pérennité à Ayir.


Safi et les Portugais

       Au cours du neuvième siècle de l’hégire (XVème siècle) et à l’ébauche du règne des Wattassides, la situation du Maroc connaissait une détérioration touchant profondément  les différents secteurs de la vie,  ce qui a permis aux Portugais de coloniser et d’exploiter la plupart de ses côtes pour  les ressources qui s’y trouvaient et la proximité de la mer. Safi subissait alors le même sort que les autres villes  du Royaume à tel point que la Cité de la sardine connaissait ce qu’appelle Mohamed Ben Ahmed Al Kanouni Al Abdi  un  trépas moral. Les  différentes forces locales  n’ont pas pu mener à bien le bateau de la politique safiote, chose qui trouvait ses expressions dans les relations conflictuelles mettant face à face les partis qui constituaient  la scène politique de l’époque. Par conséquent, Safi tombait dans le piège de la colonisation portugaise après de longues et dures guerres   dès l’an 910 H /1504 après J.CH. Des monuments tels que le Château de mer, la Cathédrale et la forteresse d’Ayir sont des témoins de cette période  de l’histoire de Safi.

   

       L’arrivée des Saadiens au pouvoir mettait fin à la présence portugaise à Safi et sa région. En effet, après des guerres ardues (947 et/ou 948 de l’hégire /1540 ou 1541 après J.CH), le scénario de la colonisation portugaise n’était  que de mauvaises réminiscences. Les Saadiens ont également pu donner à la forteresse d’Ayir sa lettre d’affranchissement grâce à l’intervention décisive du Chérif Abou Abdullah Mohammed  Saadi en 1517. La forteresse de Oualidia était, à son tour, restaurée après le déclin des Portugais par Eloualid Ben Zaydan Saadi (appellation à partir de laquelle Oualidia tire son nom).

----------

Par. Abdelkader RAJA, in La Casbah d'Ayir du Chercheur Brahim KREDYA, traduit vers le français par A. RAJA.  

 

 


N.B:

        - Pour parler des questions relatives à l’agriculture et les habitants, nous avons tiré profit de la monographie de la région ainsi  d’un extrait d’un mémoire de licence intitulé Atahawolat almajalya bi Ayir (changements du domaine à Ayir) réalisé par Mohammed  ATLASSI  .

Voir les commentaires

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

Repost 0

Publié le 21 Mars 2013

SAM_2415.JPG

    Les Regraga commencent aujourd’hui leur fameux Tour pour cette année. L’évenement culturel, touristique et religieux fait son départ à Akarmoud pour passer par quarante quatre étapes.

A cette occasion, je partage avec mes lecteurs une toute petite recherche en arabe  sur Le Daour, la voici :  دور ركراكة مزج بين الثقافة و الدين و السياحة

Voir les commentaires

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

Repost 0

Publié le 17 Septembre 2012

clip_image002-copie-3.jpg

      Les Bhaїris viennent de clore leur tour à Ayir par un grand moussem qui a duré de 14 à 19 du mois septembre. L’événement était une occasion fort opportune pour ancrer les liens entre la région d’Ayir et celle de Lbhaїrat. L’édition de cette année a  connu la présence d' un large public  qui a pris part à ses festivités. De surcroit, diverses activités qui puisent dans le patrimoine marocain étaient au rendez-vous telles que la Tbourida, la Halka et bien d’autres spectacles.

-------

Pour plus d’informations, aller voir : Site d’Ayir, Safitoday, Assif.

Voir les commentaires

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

Repost 0

Publié le 9 Juin 2011

ahwach

La culture populaire est un constituant essentiel  de la vie des groupes sociaux, elle est l’odeur de leurs  façons  d’être, de voir le monde et   de penser. L’article que nous proposons présente des formes d’expression  populaire, en l’occurrence les danses de la région de Tata ; il examinera dans un premier lieu la question théorique en évoquant le développement du folklore dans un cadre  universel, l’article parlera dans un deuxième temps des danses folkloriques pratiquées à Fam El Hisn. 

I : Le folklore, un génie du peuple.

1 : Le concept Folklore :

Ce n’est qu’en 1846 que le mot Folklore a vu le jour, en vertu de la publication d’un article par l’écrivain britannique  William John Thoms  dans une revue française d’anthropologie. Dans cet écrit, Thoms met en évidence le fait que les coutumes et tout ce qui se rapporte à la culture populaire doivent être étudiés isolément, et c’est pour cette finalité qu’il a créé le terme folklore pour la première fois. D’ores et déjà, l’étude du folklore s’est développée  de manière indépendante en s’écartant d’autres champs  qui l’englobaient tels que l’anthropologie et l’ethnologie.

Le mot anglais folklore qui s’explique comme suit :

-         Folk : peuple.

-          Lore : savoir

désigne l’ensemble des productions collectives produites par une population délimitée dans le temps et dans l’espace et susceptibles d’être transmises d’un groupe humain à un autre dans le but  d’assurer à cet art du peuple une pérennité. Ces formes folkloriques peuvent être des contes, des récits, des musiques, des danses, des croyances, des chants populaires…

Après l’émergence de l’étude du folklore, l’intérêt accordé à ces formes d’expression collective était remarquable ; les initiatives des frères Jacob et Wilhelm Grimm Au xviiie siècle se prêtaient comme un grand tournant dans l’histoire de ce domaine compte tenu des recherches qu’ils ont menées  pour rassembler les traditions orales des populations germaniques. Le travail des frères Grimm consistait à découvrir le génie du peuple à travers les  multiples formes  d’expression orale. Notons que les initiatives des deux frères étaient imitées dans d’autres pays de l’Europe.

 Le mot Folklore était  repris tel quel en France,  en outre, des chercheurs dans ce domaine ont fait leur apparition pour  tenter  de trouver une approche scientifique pour l’étude du folklore en mettant l’accent sur le caractère collectif des productions folkloriques.

2 : Les traditions orales :

L’histoire universelle nous apprend que les traditions orales remontent à un âge lointain. En effet, les récits racontés par Homère  dans les cours royales à l’époque grecque, l’Iliade et l’Odyssée attribués à ce conteur, figurent parmi les récits les plus connus ; les   récits homériques étaient récités lors des fêtes grecques et enseignés aux enfants. En sus,    Ils sont devenus une source d’imprégnation pour  des philosophes, des écrivains et des cinéastes.

La France de la fin du  XI siècle connait l’apparition  des trouvères et des troubadours qui sont des poètes, des musiciens et danseurs. En fait, l’intérêt accordé  à l’art par les nobles à l’époque  donnait l’occasion à ces deux groupes pour divertir et amuser les habitants des régions de langue d’Oc au sud  et celles de langue  d’Oїl au nord en associant les danses aux poèmes et à la musique.

En Afrique noire, les griots ont pris l’initiative pour divertir et éduquer par la relation des contes, d’épopées ou de récits imaginaires véhiculant des valeurs morales. Choisis pour leur excellente mémoire,  les griots d’Afrique apprenaient par cœur différents récits afin de les présenter devant un large auditoire tout en les accompagnant de la  musique. Cet aspect de richesse au niveau des traditions orales de l’Afrique noire a   suscité l’intérêt chez pas mal de chercheurs puisqu’ « en Afrique, quand un vieillard meurt, c’est toute une bibliothèque qui brûle.» comme l’affirme   l’écrivain et historien malien Amadou Hampâté Bâ.

3 : Le folklore arabe : Jeha comme exemple :

La culture arabe est riche en matière des productions folkloriques, les aventures de Jeha en est un exemple très important dans le sens où elles décèlent moult significations culturelles. Jeha l’arabe n’est, tout d’abord, pas une figure fictive comme croient plusieurs, mais la personne de Jeha a réellement existé puisque l’ouvrage Joha Lârabi (Jeha l’arabe) de Mohamed RAJAB NAJAR précise que Jeha est né au cours du premier siècle de l’hégire et a passé la majorité de sa vie à Alkofa.

La personne de  Jeha s’est distinguée par un style exceptionnel qu’est le conte amusant. D’ailleurs, des ouvrages l’introduisent sous l’appellation suivante : les raretés. Par ailleurs, ces contes loin d’avoir pour unique et seul but divertir, ils véhiculent une autre visée morale qui tend à créer chez le récepteur une intelligence comportementale devant une banque de situations relevant de la  vie de tous les jours.

La personne de Jeha n’est plus un mythe ou encore une invention arabe, il s’agit cependant, d’un individu où se projette la personnalité arabe qui se comporte devant des situations à la fois diverses et inhabituelles en faisant mine d’un esprit d’humour et qui n’est pas dénué de tout sens de raisonnement. Par conséquent, Jeha/l’arabe n’est guère naïf ou  idiot, il est par contre  une personne qui privilégie  le recours à des raisonnements amusants pour trouver des solutions à des faits vécus. Ainsi,  les récits de Jeha que lisent nos petits enfants et parfois nos adultes se fixent deux finalité majeurs qui sont l’humour et la morale ; deux valeurs qui ne sont pas divergente ; l’une complète l’autre.

4 : Le Maroc  et la question de diversité culturelle.

L’une des réalités incontournables qu’on peut constater dans le cas du Maroc est la diversité culturelle, au Maroc chaque région se distingue par ses propres traditions ce qui fait montre d’une pluralité culturelle. La place de Jamaâ Lafna  qui est déclarée comme patrimoine oral mondial en 2000 est un lieu où se manifeste fortement cette richesse culturelle ; à Jamaâ Lafna les touristes marocains ou étrangers s’aperçoivent aisément de  cette réalité  en observant les différentes formes d’expression qui s’y pratiquent (contes, chants, danses…).

II : Présentation de la région de Fam El Hisn.

rLa région de Fam El Hisn (à 146 kilomètres de la ville de Tata ) se situe au pied de la chaîne montagneuse  l'Anti-Atlas, elle est délimitée par la montagne   Bani,  la plaine de l'oued Draa et par  la montagne de Wargziz. La région s'étend sur une superficie de 7900 km; laquelle superficie est répartie sur un nombre de 21 douars dont le nombre de la population est de l'ordre de 7089  organisé sur la rive de l'oued Tamanart.                                                           

1 : Le relief :                                               

La région se compose essentiellement d'un archaïque  monceau remontant à la période de la construction de l'Anti-Atlas. Du coup, on peut distinguer entre deux unités de relief que nous expliciterons ci-dessous:                                                               

- L'unité montagneuse : Elle couvre une surface considérable ce qui explique en grande partie que les montagnes est le type de relief le plus prépondérant dans la région, à cela s'ajoute que cette unité se caractérise par une altitude qui peut atteindre 1400 mètres.

- L'unité basse : Quant  à elle, l'unité basse trouve ses grandes manifestations à la fois dans les collines et les issues qui se trouvent entre les montagnes.

2 : La genèse d'une appellation : Fam  El Hisn:

Il est évidemment reconnu que l'une des dimensions les plus importantes,  quelle que soit la nature de l'étude effectuée, est le toponyme véhiculant en lui-même un sens et une richesse historique.

          Jadis on appelait la région "Imi Wagadir" le nom que gardent les plus âgés dans leur langue de tous les jours.              

-         Imi : la bouche, (l'issue ).                                                        

-         Agadir : la forteresse, (les remparts).                                      

 "Imi Wagadir" mot qui relève principalement de la langue amazigh explique en grande partie que les premiers habitants de la région étaient certainement des Amazighs, l'appellation se  trouve traduite en arabe par l'expression " Fam El Hisn" pour avoir comme signification l'issue de la forteresse.                       

           L'origine du toponyme  "Imi Wagadir" se justifie par le fait que la région se présente sous la forme d'une forteresse entourée naturellement par des montagnes, en l'occurrence, Bani et Wargziz. Celles-ci, sont conçues comme étant des remparts assurant une sorte de protection   à la région.             

De même, il est fort possible que le mot  "Imi Wagadir" tire son origine de l'hypothèse qui prétend que  Fam El Hisn était pratiquement entourée par une  grande muraille qui n'est plus existante  à nos jours, et que ses manifestations se sont emmêlées vu un certain nombre de raison telles que les circonstances  naturelles,  climatiques et la dispersion  des habitants.                                         

3 : Les habitants de Fam El Hisn :                                  

Dans la finalité de tracer un petit aperçu historique à propos des premiers habitants de la région nous dirons que la région a connu une présence ancienne des habitants ce qui s'explique grossièrement  par les vestiges archéologiques  découverts dans la région et  ses environs, les vestiges trouvés sont:                        

-  Des gravures de  quelques animaux tels que  les  éléphants et les  vaches.                                

- Quelques symboles géométriques qui se trouvent dans divers lieux et dont le sens est resté énigmatique jusqu'à présent.                                

Les groupes de cette époque ont connu une espèce de crispation au niveau relationnel. En effet, ils construisaient  tantôt de bonnes  relations, tantôt  ils  provoquaient des conflits qui duraient longtemps. Pour vivre, ces groupes faisaient appel à ce qu'on peut appeler un pacte consensuel qui résidait en la mise d'accord sur un nombre de conventions qui jalonnaient leur vie sociale, économique et politique.                                                            

 Bien qu'il ne soit  pas enraciné dans les pratiques  des habitants de l'époque, l'Islam a pu toucher la région grâce à l'installation du prêcheur Abdallah Ben Yassin ELJAZOULI, qui a fait d'Akrad Tamanart son lieu de résidence pour faire sa vulgarisation religieuse au niveau des  régions où s’installaient les caravanes commerciales traversant le Sahara.                                                                                          

        Il est à souligner que la région a connu la présence d'une minorité Juive. Celle-ci, exerçait l'artisanat, néanmoins les relations conflictuelles qui commençaient à se sentir entre cette communauté et les habitants de la région ont obligé les juifs à partir.                                                                                            

4 : La scène culturelle à Fam El hisn.

La scène culturelle de Fam El Hisn se caractérise par sa diversité remarquable, le travail associatif  y est déjà présent ce qui favorise davantage  l'action de la société civile. Il est à souligner également que le festival culturel et artistique de la région qui se tient de façon annuelle vient pour favoriser l’art et les traditions musicales de la région

5 : Les danses folkloriques :

5.1 : La  danse d’Ahwach.

set--9-.JPGAhwach est le nom donné à une danse qu’on pratique dans les régions de  Anti-Atlas, Haut-Atlas et Souss lors des festivités collectives telles que les mariages et les différents festivals qui s’organisent dans ces régions.

         La danse d’Ahwach peut être faite par les femmes,  les hommes ou encore les deux à la fois, chacun assume une fonction bien précise. On s’organise sous forme de cercle, arc ou ligne horizontale pour pratiquer cette danse ; les instruments de musique utilisés sont  des instruments à percussion et à vent (Ganga (sorte de tambour), flûte, tam-tam.)

Dans le cas où la danse d’Ahwach connait la présence des femmes, celles-ci se chargent de reproduire les paroles chantées par les hommes et émettre d’un temps à l’autre des youyous pour créer un climat d’ambiance et faire signe d’acquiescement envers la  beauté des chants.

La danse d’Ahwach peur prendre la forme de ce qu’on appelle  Indamn ;  un chant dialogué qui  ressemble à une joute orale. Les participants,  y compris les femmes, forment deux parties l’une rivalise avec l’autre. Chaque partie à un improvisateur ; c’est-à-dire la personne censée émettre des paroles pour évoquer l’improvisateur de l’autre partie. Quant aux sujets évoqués dans cette rencontre, ils peuvent avoir  un cachet local ; les improvisateurs parlent des sujets de leur vie quotidienne ainsi que des thématiques qui puisent dans l’actualité nationale et internationale. On utilise des instruments de musique à percussion comme Ganga et les tambourins et  les femmes favorisent ce climat musical via leurs youyous.

Parfois les improvisateurs s’échangent des paroles très sévères qui peuvent dévaloriser ou encore froisser  l’autre partie, mais cette situation conflictuelle fera son terme dès qu’on termine le spectacle ; c’est-à-dire que les conflits constatés lors  d’Indamn ne se prolongent jamais et reste prisonniers du cercle de la présentation.

        Quant aux thèmes évoqués dans la danse d’Ahwach, ils ont un caractère local, national et international.  En effet, ces chats parlent :

-         Des problèmes entre les tribus de la région.

-         De la situation politique et les élections.

-         De l’actualité nationale, par exemple : l’autonomie du Sahara marocain.

-         De l’actualité mondiale : la guerre en Iraq, en Palestine en guise d’illustration.

Lors de la présence étrangère dans la région, cette danse était conçue comme un terrain propice pour  conspirer contre les envahisseurs en se mettant d’accord sur les projets à entamer pour ce faire.

        Quant à l’image de la femme dans ce type de danse, elle est introduite parfois  dans  les chants par des termes renvoyant à  des  animaux domestiques comme la gazelle ce qui revient à dire qu’on assiste à une incarnation en termes  élogieux de la femme qui a une place très importante dans les communautés du sud marocain.

5.2 :  Lgadra.

set (15)Lgadra est une danse populaire très ancienne pratiquée dans les régions sahariennes. L’appellation Lgadra tire son origine du fait que le seul instrument musical utilisé dans cette danse est Lgadra qui est un instrument à percussion obtenu après avoir couvert un récipient en boue avec de  la peau,  qui doit être  exposée aux rayons de soleil,  des animaux tels que les chèvres et les chameaux.   Pour ce qui est du son musical, il est produit en vertu des tapes sur le dessus du récipient à l’aide de deux baguettes minces.

Les participants à cette danse, qui sont généralement des jeunes ou des hommes, s’organisent sous forme de cercle pour produire des chants sur le rythme du son musical produit par les tapes sur l’objet Lgadra, les applaudissements et parfois le son des  tam-tams.  Les chants émis par les participants peuvent se présenter comme un dialogue qui dépend du genre de l’occasion.

         Par ailleurs, le groupe qui effectue cette danse  alterne entre deux positions ; celle d’être assis ou celle de se tenir debout sur les genoux en applaudissant et faisant des mouvements à gauche et à droite.   

         La femme n’est pas définitivement absente lors de la réalisation de cette danse. En fait, une fille qui porte entièrement le malhaf (sorte de vêtements sahariens) accède au centre du cercle et commence à chanter, danser à la manière des membres du groupe. Lors des cérémonies de mariage, la mariée rejoint le groupe en déguisant son visage, et c’est au mari d’entrer au centre du cercle pour dévoiler le visage de sa femme en lui suspendant sur la poitrine une arme, geste qui connote la protection  - déclarée devant tous les assistants-  qu’accordera le mari a sa femme au fil de leurs vie matrimoniale.

5.3 :  Lharma.

Pratiquée par plusieurs régions sahariennes, Lharma  renvoie au son rythmé des pieds. Le son musical qui accompagne les paroles n’est autre que le son produit par les coups donnés par les pieds sur le sol, ce qui revient à dire que cette danse se caractérise par l’absence de toute sorte  d’instruments musicaux.

Une personne âgée est censée inaugurer les chants, le travail des autres participants consiste à reprendre les paroles de la personne en veillant à ce que le son qui résulte du contact des pieds avec le sol soit en parfait accord avec le rythme des chants,  ce qui rend le spectacle   émouvant et  attire l’attention de l’auditoire.  Cette danse est réservée aux hommes, toutefois,  des sources avancent qu’elle est pratiquée par les femmes mais rarement.

Quant aux thèmes, les chants de Lharma peuvent :

-         Evoquer des événements historiques d’une grande importance pour la population.

-         Parler des bonnes vertus.

-         Décrire une tribu ou une personne de façon valorisante ou dévalorisante.

Dernier mot

En guise de conclusion ; les danses folkloriques pratiquées à Fam El Hisn    que nous avons présentées succinctement  relèvent ostensiblement de l’art du peuple qui accompagnera viscéralement la vie et le développement des sociétés. A cela s’ajoute que l’Homme du Sahara a essayé de  tuer symboliquement la nature des régions sahariennes en inventant maintes formes d’expressions populaires dans le dessein de s’exprimer, d’exprimer sa vision du monde et établir une relation équilibrée avec le milieu géographique, social et politique.

--------------------------------

N : B : Nous avons opté pour le qualificatif folklorique pour des raisons essentiellement épistémologiques en gardant l’esprit théorique de l’étude du folklore.  

- Récapitulatif bibliographique :

-         - Mohamed RAJAB NAJAR, Joha Lârabi (Jeha l’arabe), Série Alam Lmaârifa Octobre 1978.

-        - Rachid HAHI, Alamazighya wa solta (l’amazighité et le pouvoir) Dafatir 2009.

-         L’introduction de “Musique de Safi” de Allal Ragoug faite par Mostapha MOHSIN.

-        - Mohamed RAMOUCH et Iddmou, Mounoghrafyat Fam El Hisn (monographie de Fam El Hisn), mémoire de licence 1992.

-         -Hasin MOANIS, Alhadara (la civilisation), Série Alam Lmaârifa 1978.

-         Encyclopédie Encarta 2007.

-        - Nous avons fait des sorties culturelles avec l’association Timglit qui œuvre dans la préservation du patrimoine artistique à Fam El Hisn.

-         - Nous avons également assisté à des rencontres où on présente la richesse artistique de la région (Festival culturel et artistique de la région, célébration d’Assagas Amaynou ( nouvel an amazigh), et d’autres occasions.

-         -Nous avons fait des rencontres orales avec des natifs de la région.

Voir les commentaires

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

Repost 0

Publié le 14 Mars 2011

        clip image0iiiiiiiiiii02

      Les habitants de Fam El Hisn célèbrent pendant un vendredi du mois de décembre de chaque année une tradition enracinée dans la mémoire collective des habitants. La tradition dont nous parlons relève de l’héritage patrimonial qu’ont laissé les ancêtres de la région.                                                                                                      

       Cette tradition se nomme le Moussem du Navet ; elle consiste en le fait que tous les habitants préparent des  plats de couscous avec un unique et seul légume, en l’occurrence, le navet qui se prête comme le constituant principal du plat. Quant à la viande, les habitants égorgent un certain nombre de vaches la veille du jour de ces festivités.                                                                                                                         

      Après la prière du vendredi les familles, apportent leurs plats différemment préparés pour les présenter à   un lieu précisé au préalable. il est à dire dans ce sens que les plats dépassent parfois la centaine. 

       L’arrière plan de cette tradition trouve ses expressions dans le fait que les habitants visent à créer un climat de solidarité et de symbiose sociales vu que  le système tribal est encore présent. Le plat du couscous que préparent les habitants est potentiellement révélateur  de moult significations culturelles . En fait, le couscous – le plat culinaire le plus prisé par les marocains- est symbole d’union, de fraternité, d’entraide, de dialogue est bien d’autres portées sémantiques. Le choix du couscous n’est conséquemment guère un acte innocent. 

Voir les commentaires

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

Repost 0

Publié le 8 Février 2011

     clip image00iiii2

      clip imagetttt002Les recherches archéologiques effectuées au niveau de la région de Tata ont pu montrer  que la région se distingue par la présence de plus de 150 sites où on peut trouver des gravures, les habitants ajoutent que ces sites dépassent le nombre  déjà déterminé. Ces gravures qui décorent la chaîne montagneuse Bani sont les vestiges d’une civilisation ancienne. Ces vestiges représentent des animaux (éléphants, vaches…) et des symboles dont le sens est resté énigmatiques jusqu’à maintenant.     

      Ces gravures qui remontent à l’âge néolithique    annoncent que la région connaissait une présence ancienne des habitants au même degré sinon davantage qu’à l’époque les conditions étaient fort propices pour favoriser la population.                           

      Les responsables doivent dorénavant penser à conserver ce patrimoine et le protéger, l’idée de créer un musée peut contribuer à la conservation de ce patrimoine.

N.B:

Photo  1: Gravure rupestre à Fam El Hisn.

Photo 2: Montagnes relevant de la Chaîne Bani.

Voir les commentaires

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

Repost 0

Publié le 11 Décembre 2010

PICT0015

Le chercher  safiot en matière d’Histoire KREDYA  Brahim vient de publier un travail historique portant sur la forteresse d’Ayir, et ce s’inscrivant dans le continuum de son projet historique ô combien intéressant à suivre.

 

KREDYA le chercheur :

KredyaLe chercheur est natif de la ville de Safi où il a fait ses études primaires et secondaires. En 1976 il a obtenu une licence en Histoire à la faculté des lettres  et des sciences humaines à Rabat. Il est titulaire de surcroît d’un diplôme en éducation et psychologie à la faculté des sciences de l’éducation de la même ville.

En 1983, il a créé la revue périodique “ Al Hadaf ” s’intéressant au processus enseignement/apprentissage de la matière d’Histoire et Géographie. Et pour mettre le fait local de la ville de poterie  dans leur dimension culturelle et sociale sous les feux de la rampe, il a fondé la revue “ Assfou ”  dix ans plus tard.

Kredya Brahim est connu d’une part par  l’ensemble de recherches et études à la fois didactiques et historiques publiées sur les pages de plusieurs revues telles que : Assfou, Al Hadaf,  la revue libyenne  de La Culture Arabe. Et par la participation active à des manifestations culturelles aussi diverses que variées sur le niveau local et national d’autre part.

Le projet historique de KREDYA :

Le projet historique de KREDYA est conçu comme étant une continuité des travaux de l’historien safiot Mohamed Ben Ahmed Al Abdi Al Kanouni ; comme l’a  déjà montré l’universitaire Mounir AL BASKRI lors d’une conférence qu’il a donnée le 12 avril 2007 au café littéraire de Safi. Al Baskri mettait l’accent également sur le caractère riche et intéressant des travaux historiques de KREDYA étant donné que ses travaux pullulent d’une année à l’autre. Lesquels travaux fixent comme gageure le fait de présenter au lectorat  des productions creusant l’histoire de Safi et ses régions pour un rayonnement maximal du paysage culturel  de la ville.

Pour le journaliste Idriss BOUILA, les écrits de KREDYA, qui a accumulé plus de vingt ans dans la recherche historique, sont manifestement appréciés de la part des universitaires, des journalistes, et des intellectuels safiots et nationaux puisque ses productions  se caractérisent par un travail profond sur la documentation ainsi qu’une objectivité vis-à-vis des faits historiques présentés.  

A notre sens, Le travail énorme du chercheur KREDYA Brahim se révèle d’une importance incontestable ce qui trouve ses grandes manifestations dans le fait qu’il passe en revue des faits historiques, des personnalités safiotes, des monuments historiques et bien d’autres sujets relatifs à la ville de Safi et ses régions. Sous cet angle, il est important, sinon  impératif, d’encourager avec tous les moyens possibles cette plume fertile qui ne cesse de donner. Ajoutons, que les multiples écrits historiques de KREDYA  doivent être à proximité des différents types de lecteurs moyennant différentes sortes (des expositions des écrits du chercheur, des conférences, des journées historiques….).  Et ce pour sensibiliser le large public  de l’importance de la composante historique et préserver la mémoire collective de Doukkala-Abda en particulier et du Maroc en général.

La forteresse d’Ayir :

PICT0041Le travail historique qui s’intitule قصبة أيير” : La forteresse d’Ayir ”  est un ouvrage  contenant 48 pages, il  s’inscrit dans le cadre d’une série  de travaux qui se fixent comme but essentiel faire découvrir aux  lecteurs les   différents monuments historiques de Safi. Kredya justifie ce choix par la richesse qu’on peut apercevoir aisément au niveau des ces  monuments qui relèvent du patrimoine culturel et civilisationnel de la région de Safi. Il fallait donc redonner une valeur  à ces monuments en donnant assez d’informations historiques sur ce patrimoine architectural.

Le travail abondamment illustré est divisé en deux grands  axes qui sont les suivants :

-         Les différents toponymes de la forteresse.

-         La région  d’Ayir avant l’avènement des Almoravides : Une forteresse, un port et un  village.

L’ouvrage s’ouvre sur un préambule général où l’auteur explicite les grandes lignes de son  nouveau  projet en signalant à la fin le sujet du quatrième numéro de sa série, en l’occurrence,  la forteresse d’Ayir.

PICT0037Comme le précise KREDYA  la forteresse d’Ayir se trouve à soixante kilomètres  de la ville de Safi. Elle est, en outre, l’un des édifices historiques les plus connus  de la région Doukkala-Abda. La forteresse, qui est délimitée du sud par la commune d’Albaddouza et du nord par Loualidia,   s’installe sur une falaise morte en face de la côte atlantique.

Dans le premier axe de son travail, l’auteur souligne que la région était nommée   de trois mots véhiculant des sens différents et  que nous expliquons ci après :

1 : Le mot Ayir “ أيير”  est un mot relevant de la langue amazigh pourrait signifier un lieu se caractérisant par une altitude remarquable.

2 : La deuxième appellation est “ GHAYT    غيط     qui signifie une terre étendue, une plaine, l’oued et également une  terre fertile.

3 : La région avait aussi  comme toponyme la maison du cavalier دار الفارس”   vu que la région était connue par l’élevage des chevaux et leur exportation vers le Portugal. De même, les fils de Sidi Farse Ben Al Hassan AL GHAGHAÏ* et ses descendants se distinguaient par leur ingéniosité relative à   l’art équestre et leur expertise dans ce domaine.

Quant au deuxième axe, l’auteur y évoque la situation de la forteresse avant l’arrivée des Almoravides. En effet, Ayir était :

1 : Une forteresse bien entourée de tous les côtés et  donnant sur une terre étendue où se font des travaux agricoles. La forteresse a connu des changements lors de l’occupation des Portugais.

PICT0043-copie-12 : Un village peuplé au commencement par des tribus de Masmouda puis par celles de Sanhaja. Les habitants de l’époque s’intéressaient à la science, la religion et le soufisme.

3 : Un port actif  où les bateau pouvaient stationner pour avoir les récoltes de la région (les céréales, les chevaux, textile…)

Dernier mot :

La forteresse d’Ayir qui était classée comme édifice faisant partie des sites patrimoniaux en 2 décembre 1953 doit être impérativement restaurée  et remise en valeur dans le dessein de sauvegarder ce patrimoine historique remontant au quinzième siècle.

 En guise de conclusion, et au nom de tous les Ayiriens du monde nous remercions infiniment le chercheur KREDYA Brahim d’avoir mis en relief  ce monument historique qu’est la forteresse d’Ayir. Nous espérons en sus une longue vie au projet historique de KREDYA.

_________

* : Certaines sources prétendent que Sidi Farse Ben Al Hassan ALGHAGHAÏ aurait fondé la forteresse d'Ayir.

Voir les commentaires

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

Repost 0

Publié le 13 Octobre 2010

  Fam-EL-hisn.JPG

      Il est évidemment reconnu que l'une des dimensions les plus importantes  quelle que soit la nature de l'étude effectuée est le toponyme véhiculant en lui-même un sens et une richesse historique. Jadis on appelait la région "Imi Wagadir" le nom que gardent les plus âgés dans leur langue de tous les jours.              

Imi : la bouche, l'issue                                                      

Agadir : la forteresse, les remparts                                    

     "Imi Wagadir" mot qui relève principalement de la langue amazigh explique en grande partie que les premiers habitants de la région étaient certainement des berbères, l'appellation se  trouve traduite en arabe par l'expression " Fam El Hisn" pour avoir comme signification l'issue de la forteresse.                                    

L'origine du toponyme  "Imi Wagadir" se justifie par le fait que la région se présente sous la forme d'une forteresse entourée naturellement par des montagnes, en l'occurrence, Bani et Wargziz. Celles-ci sont conçues essentiellement comme étant des remparts assurant une sorte de protection   à  la région.            

De même, il est fort possible que le mot  "Imi Wagadir" tire son origine de l'hypothèse que Fam El Hisn était pratiquement entourée par une  grande muraille,  qui n'est plus à nos jours et que ses manifestations se sont emmêlées vu un certain nombre de raison telles que les circonstances  naturelles,  climatiques et également la dispersion  des habitants.

____________

  N.B : Le présent article est destiné à mes élèves à qui je viens de donner un travail qui consiste à chercher le sens du toponyme Fam El Hisn.                                        

Voir les commentaires

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

Repost 0

Publié le 25 Mars 2010

Sur la route reliant Fam El Hisn à Bouizakarne  se trouve un village nommé  Tamanarte, l’appellation Tamanarte tire son origine du fait que la région se trouve traversée par le fleuve appelé Oued Tamanrt.  Entourée par une pluralité de montagnes faisant partie de la chaîne  Bani, cette localité se distingue par ses beaux paysages ainsi que ces traditions qui font de Tamanarte une région qui suscite l’intérêt des visiteurs.

La tribu Aït Mribat :

Les habitants de Tamanarte font partie de la tribu Aït Mribt, l’une des tribus sahariennes qui occupait le Sahara et luttait contre les invasions étrangères. D’après quelques références, cette communauté est venue de la Mauritanie, elle a pu de même fonder l’état des Almoravides : La dynastie berbère qui a régné sur l’Afrique du nord entre le XI et le XII siècle de l’ère chrétienne. Après le déclin de Marrakech, fondée par Youssef Ben Tachfine  le chef des hommes de Sanhadja (Almoravides)vers 1060, cette dynastie s’est  recroquevillée  dans les régions du Sahara ce qui prépare le terrain aux Almohades pour régner sur la ville ainsi que le Maroc à partir de 1147.    1  

Par conséquent,  les Almoravides se sont dispersés dans plusieurs régions du sud marocain  notamment  Guelmim,  Assa, Tan Tan, Tamanarte, Aka, et Fam El Hisn. La tribu Aït Mribat (le nom qu’elle porte jusqu’à présent) s’est installée dans la région de la chaîne montagneuse Bani.   Elle  s’est distinguée par son passé farci de gloires et de victoires. Ceci dit, la tribu a mené des combats contre le joug du  colonialisme. Elle s’est  engagée, en outre, dans la résistance nationale lors de la période colonial. Ajoutons que les Aït Mribat ont joué un rôle très important dans les activités commerciales de l’époque.2

         :   Le moussem de Tamanarte

L’Anmougare ( moussem)  de Tamanarte qui s’organise de façon annuelle est conçu comme étant une opportunité pour présenter aux habitants des différents douars de la région le patrimoine de Tamanarte. Ce moussem,  qui s’étale sur trois jours successifs de la deuxième moitié du mois de septembre, constitue un meeting incontournable pour les populations.                       

L’Anmougare de Tamanarte, qui se tient à Agrad (mot de langue amazigh renvoyant à ce qui se situe en haut),   est visité pour les diverses activités musicales qui s’ y trouvent  et également pour s’acheter les  denrées essentielles. Les activités musicales  desquelles nous parlons se présentent pendant les veillées artistiques organisées à la fin de chaque jour.

La tradition Hawi :

Le troisième jour du moussem coïncide avec  l’organisation d’une tradition qui suscite l’intérêt des  visiteurs. Il s’agit de Hawi ; une tradition qui se trouve enracinée dans les pratiques des habitants et attestant un héritage ancestral à la fois riche et divers.

Si nous croyons les personnes que nous avons rencontrées, nous dirons que la tradition était appelée dans un premier temps (هو الله : c’est Dieu). Cependant, cette nomenclature a subi des changements au fur et à mesure des époques pour être appelée présentement  Hawi (هاوي ).

Concernant l’origine de cette tradition remontant à  l’époque du Cheikh Ben Brahim Tamanrti le saint  du village. Les histoires orales précisent  que pendant l’arrivée de cet homme, il y avait une demeure où il devait s’y installer mais elle été habitée par des forces surnaturelles  ce qui obligeait les habitants de l’époque de s’armer du saint coran et des feuilles de palmier pour  faire des tours autour de la demeure en ressassant  (هو الله : c’est Dieu) jusqu’à ce que ces forces soient  parties à jamais.

A nos jour, le moussem se clore sur cette tradition qui se pratique  à Agdar. Les participants (des enfants, des jeunes et  des adultes) à cette tradition doivent former un cercle afin d’effectuer des tours en répétant collectivement le mot  HAWI. Les femmes ne participent pas à cette tradition, elles se contentent donc de  suivre de près le spectacle tout en s’habillant des vêtements blancs. D’après la croyance collective, la personne qui tombe pendant l’exécution de cette tradition n’assistera pas  au moussem de l’année prochaine  puisqu’elle rendra bientôt l’âme à dieu.

Ahwach de la région Tamanarte :

Les habitants de Tamanarte pratique la danse d’Ahwach pendant toutes les cérémonies collectives. Cette danse se caractérise par une pratique qu’on appelle Tanadamt  : Il s’agit d’un chant dialogué qui ressemble à une joute orale. Les participants  y compris les femmes forment deux rangées l’une rivalise avec l’autre.

Chaque partie à un improvisateur c’est-à-dire la personne censée émettre des paroles pour évoquer l’improvisateur de l’autre partie. Quant aux sujets évoqués dans cette rencontre, ils doivent avoir  un cachet local ; les improvisateurs parlent des sujets de leur vie quotidienne. On utilise des instruments de musique à percussion comme Ganga et les tambourins. Les femmes favorisent ce climat musical via leurs youyous. Notons que cette tradition est fortement présente pendant le moussem du village.

Voir les commentaires

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

Repost 0

Publié le 19 Mars 2010

sParfois le sens qu’on donne au même mot est diamétralement différent d’une culture à une autre ou encore d’un contexte à l’autre.  Cette conception dépend de notre vision du monde et notre rapport avec ce même monde. Le souk est l’un des constituants de la culture arabo-musulmane dans le sens où il s’agit d’un lieu qui avait une grande importance pour nos ancêtres. A nos jours le souk a perdu partiellement ses valeurs mais cela n’empêche de dire que dans certaines régions le mot souk est synonyme d’appartenance, de rassemblement, de symbiose, et bien d’autres significations comme l’atteste cet article qui tente à sa guise de tracer les valeurs du souk dans la vie des habitants de la commune rurale  de Fam El Hisn qui dépend administrativement de la province de Tata.

Comme l’attestent les définitions dictionnairiques ; le souk est un marché des pays arabes, très animé et se caractérisant par la présence des ruelles souvent couvertes.  Le mot souk a une connotation péjorative aussi bien en langue arabe qu’en langue française mais cela  ne diminue en rien  sa  valeur et son  importance  dans la culture arabo-musulmane. En guise d’exemplification,  l’expression française qui relève de la langue familière Faire le souk renvoie au fait de faire du vacarme, ce qui revient à dire que le souk est une source de vacarme et de brouhahas. L’expression contenue      dans notre langue dialectale  ديرين السوق [DAIRIN SOUK]   est équivalente de l'expression " faire le souk".

 L’expression française Mettre le souk Ayant comme portée sémantique mettre en désordre vient pour montrer davantage ce fait. Ce qui sous-entend que le souk n’est autre qu’un lieu  se distinguant par le manque d’organisation et d’arrangement nécessaires.                                   

A l’encontre du souk dans le milieu citadin, le souk en milieu rural est endossé de moult significations.  Nous en  expliciterons ci-après quelques unes :

Souk est approvisionnement :  

La première fonction du souk est inexorablement l’approvisionnement en matière de denrées essentielles. En effet,  le souk de Fam El Hisn qui s’étend sur une journée (le mercredi) offre aux habitants de la région l’opportunité  de s’acheter  l’ensemble des produits qu’on désire avoir.

Souk est rassemblement :

Le souk de Fam El Hisn est un espace de rassemblement et de rencontre vu qu’il présente aux habitants des différents douars de la région une plate-forme pour discuter, se rencontrer ou encore pour s’enquérir de l’état des membres de la famille étant donné que le système tribal est encore présent dans la région.

Le souk est ancrage des liens sociaux :

La visite du souk hebdomadaire n’a pas toujours la seule et l’unique  finalité à savoir l’approvisionnement. Ceci dit, le souk permet aux habitants d’établir de nouvelles relations, de consolider d’autres et d’enraciner le sentiment d’appartenance à la communauté.

Le souk est un dépaysement :

Le souk donne également ou davantage la possibilité de changer volontairement l’environnement surtout pour les habitants des douars de la région peu éloignés. Le souk leur  offre l’occasion fort opportune pour explorer de nouveaux horizons et de voir d’autres personnes et ainsi assouvir leur  caractère grégaire.        

En somme, il est évident que le souk en milieu rural comprend plusieurs significations  qui dépassent le sens étroit du mot, il s’agit bien évidemment d’un lieu d’échange, de communication,  de partage et de consolidation des liens sociaux.

Voir les commentaires

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

Repost 0