Le mariage chez les Amazighs; Fam El Hisn comme exemple.

Publié le 7 Mars 2010

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Il va sans dire que l’une des traditions marocaines où se reflète grossièrement l’héritage ancestral est le mariage conçu comme symbole de pérennité et d’union. Le mariage au Maroc ne se fait pas de la manière identique. En effet, chaque région du Maroc le célèbre selon des pratiques qui leur sont particulières.

Le sud marocain a ses propres pratiques puisées dans l’héritage ancestral. Dans cet  article nous allons travailler sur les particularités du mariage à Fam El Hisn ;  une région entre autres de la province de Tata.

Les habitants de cette région font partie  de la tribu Aїt Omribat qui est venue du Sahara pour s’installer au près de la chaine montagneuse Bani. Comme son nom l’indique, la tribu Aїt Omribat a un rapport avec les Almoravides la dynastie berbère et musulmane  qui a régné sur l’Afrique du nord au XI et XII siècles.

La tribu se basait sur l’élevage des bétails qui constituait à l’époque la source de vie des membres de la tribu. Cette communauté  amazigh était influencée  par les arabes puisqu’elle était en prise directe avec eux . La tribu   Aїt Omribat s’étend de Fam El Hisn jusqu’aux frontières d’Assa et Ttaghjijt.

Parler du mariage à Fam El Hisn, c’est parler d’une cérémonie qui se distingue par sa richesse traditionnelles. La durée du mariage est déjà bien significative. Le mariage à Fam el Hisn se prolonge sur 5 jours  et parfois sur  toute une semaine.

Les fiançailles “ la khoutba” :

 C’est la période d’avant le mariage, elle se prête comme étant une promesse au mariage, pendant cet période la famille du fiancé vient demander la main de la fiancée en apportant à la famille de cette dernière ce que les habitants de Fam El Hisn appellent communément  en langue amazigh “ Tazgaout”  c’est-à dire l’ensemble des affaires ( vêtements, objets, bagues de fiançailles ) offertes à la fiancée et que nous recensons comme suit :

 Idougane : la chaussure 

Adghar : (la partie haute de l’habit des femmes de la région)

Lizar : la partie inférieure de l’habit (la robe)

Il s’avère nécessaire de signaler là-dessus que Adghar est en principe de couleur noire mais les pratiques modernes ont donné naissance à d’autres couleurs comme le blanc. Quant à Lizar il est généralement d’une couleur blanche.

Ikhankhalan : les bijoux qu’utilisera la fiancée pendant le mariage, lesquels bijoux doivent être en argent, de même, ils doivent observer le cachet local comme l’est Tanbaline.

Tazgaout peut contenir également des denrées essentielles telles que : la viande, l’huile, le sucre et d’autres produits de consommation)

 Les  familles  du future couple se mettent d’accord sur le début du mariage, c’est pour cela qu’ils préfèrent inaugurer le mariage le lundi ou encore le mercredi.

Le premier jour :

Au cours de cette journée la famille de la mariée organise ce que les habitants ont tendance à  nommer “ Isid” où il est question de présenter aux femmes invitées des ustensiles contenant une quantité considérable de blé. Le travail des femmes consiste en l’affinement du blé. Celui-ci peut assimiler des fruits durs comme l’amande el les dates. Parfois on déguise sciemment des bijoux argentés, la femme qui trouvera ces bijoux a, selon la croyance collective,  de grandes chances dans sa vie. L’affinement du blé se fait dans un climat musical parce que le  travail s’accompagne de temps  en temps des chants mélodieux.

Pour ce qui est de la famille du marié, elle passe la journée à se préparer pour le reste du mariage.

 Le deuxième jour :

La famille du marié prend l’initiative;  menue de ce qu’on nomme “Alkawaghit” (Des papiers cartonnés)  elle visite la famille de la mariée pour rendre moulu les matières aromatiques véhiculées  par les sept  “Kawaghit”. Ceux-ci contiennent respectivement les matières suivantes :

1: Tidgt

2: Tossrghint

3 :Tara

4: Alward

5: Ej-jawi

6 : Assakssi

7 : Elkranfal

Les femmes se servent d’une moulinette traditionnelle “ la rha” pour ce faire, l’ambiance est égayée par des champs et des discours réciproques  “ Tangift” entre la famille du marié et celle de la mariée.

 Le troisième jour :

 Le troisième jour est considéré comme le commencement effectif du mariage;   la famille du marié invite pendant la matinée des fkihs ainsi que leurs proches. Les fkihs sont censés faire la lecture de quelques sourates du saint coran.

PICT0030.jpgUne fois la nuit tombe la famille du marié convient des groupes folkloriques locaux à une veillée  artistiques où ils présenteront un spectacle au profil des invités.

Notons que la famille de la mariée fait, à quelques différences près, les mêmes pratiques.

Le quatrième jour :

Les deux familles se ressemblent  pour conclure l’acte de mariage dans la maison de la future femme. Les Adouls font mention de “ Lkimat” mot qui renvoie à  tout ce qu’ont  offert, les parents de la mariée et  ses proches  (cadeaux , bijoux, vêtements…).

Une fois la nuit est là, la fille doit dire au revoir à la maison de ses parents pour mettre les pieds sur le sol de  la maison de son mari. Habituellement, l’arrivée de la mariée se fait pendant la deuxième moitié de la nuit. 

Pour accéder à la maison du mari, la famille de la mariée et ses compagnons  sont  appelés à produire quelques chants mutuels. Une fois le cortège est entré, quelques femmes se chargent de préparer l’Aâroussa à la nuit de noces.

L’Aâroussa met le tissu “lizard” blanc  offert par la famille du  mari à l’époque de la Khoutba, 

Quant à Adougane   la chaussure, les deux familles invitent  un petit enfant ,qui ne doit pas être orphelin, à mettre les pieds  de l’Aâroussa dans les deux paires de chaussures. 

Le marié pendant le rassemblement du cortège jette de la hauteur de sa maison des fruits secs et quelques gâteaux et sort pour trouver sa femme seule dans sa chambre.

Le dernier jour :

C’est pendant cette journée que la femme s’habille du  “Lizard” blanc où figurent quelques petites taches de sang dans l’intention de faire preuve  de  virginité. Pendant cette sortie l’Aâroussa et Laâriss  procurent  les enfants des fruits secs et des gâteaux cette tradition est nommée          en langue amazigh  “Iraman”

Pendant la soirée la famille de la mariée prépare “Arbâi “ qui se présente sous la forme d’un plat de riz assaisonné par  l’huile d’olive, parallèlement l’Aâroussa se prépare en mettant des vêtements traditionnels, de la parure et des parfums.

Dans sa version moderne,  Arbâi est constitué des éléments suivants : du  lait, des  jus, des  gâteaux, des œufs, de la limonade, des dattes, et quelques cadeaux offerts par les filles.

Rédigé par raja abdelkader

Publié dans #Histoire et traditions

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